Votre Livret A rapporte 1,7 % depuis août. Le LEP, lui, monte à 2,5 % sans un centime d’impôt. Et les fonds euros de l’assurance vie viseraient 2,9 % en 2026. Trois chiffres, trois réalités : l’argent qui dort au mauvais endroit perd du pouvoir d’achat chaque mois.
Depuis le 1er août 2026, la grille de l’épargne sans risque a une nouvelle tête : Livret A et LDDS à 1,7 % net, LEP maintenu à 2,5 % net, PEL à 2 % brut. Pendant ce temps, les projections de fin septembre tablent sur des fonds euros d’assurance vie autour de 2,9 % brut pour 2026. Avec une inflation proche de 2,4 % sur un an, la question n’a jamais été aussi concrète : où placer son argent en 2026 pour qu’il ne fonde pas ?
LEP à 2,5 % : le meilleur taux garanti, réservé à certains foyers
Le LEP rapporte 2,5 % net d’impôt et de prélèvements sociaux. Posé au plafond de 10 000 €, il génère 250 € d’intérêts par an, exonérés. Aucun autre placement garanti ne fait mieux aujourd’hui.
La condition tient en une ligne : votre revenu fiscal de référence 2024 doit rester sous 23 028 € pour une personne seule, selon les barèmes 2026. Des millions de Français éligibles n’en ont jamais ouvert un. Vérifier prend cinq minutes sur le site des impôts, et c’est le premier réflexe à avoir.
Livret A à 1,7 % : parfait pour l’épargne de précaution, insuffisant au-delà
Le Livret A et son jumeau le LDDS rapportent 1,7 % net depuis le 1er août 2026. Au plafond de 22 950 €, cela représente environ 390 € d’intérêts annuels. Un matelas de sécurité idéal : liquide, garanti par l’État, exonéré d’impôt.
Mais le rendement suit à peine l’inflation. L’argent qui dépasse l’épargne de précaution, deux à trois mois de dépenses, travaille à perte. Selon MoneyVox, une hausse au-dessus de 2 % est d’ailleurs probable à la prochaine révision du 1er février 2027 : patienter ne coûte rien, laisser dormir coûte un peu chaque mois.
Les billets en euros restent le support le plus concret de l’épargne des ménages. Le taux affiché n’est pas le taux réellement touché : la fiscalité change tout.
Assurance vie : 2,9 % attendus sur les fonds euros en 2026
C’est la bonne surprise de l’automne. Le 24 septembre, la Banque de France a publié son bilan des placements des assureurs pour 2025 : leurs obligations rapportent de mieux en mieux, et l’argent frais afflue. Résultat, les projections publiées le 28 septembre tablent sur un rendement moyen des fonds euros autour de 2,9 % brut pour 2026, contre 2,63 % servis au titre de 2025 selon l’ACPR. Après 17,2 % de prélèvements sociaux, cela donne environ 2,4 % net. Les meilleurs contrats montent jusqu’à 5 %.
Le Revenu retient 2,7 % pour un fonds euros de bonne facture. Concrètement, sur 50 000 € placés, un point de rendement en plus vaut 500 € par an.
L’encours de l’assurance vie a atteint 2 174 milliards d’euros fin juillet 2026, en hausse de 128 milliards sur un an, selon France Assureurs. Les Français l’ont compris avant les classements.
Les rendements définitifs de 2026 ne seront annoncés qu’en janvier 2027, contrat par contrat. Et les frais de versement, de gestion et d’arbitrage mordent sur la performance : un contrat médiocre à 4 % affiché peut rapporter moins qu’un bon contrat à 3,5 % une fois les frais déduits.
La Banque de France suit de près les placements des assureurs. Son bilan publié le 24 septembre 2026 nourrit les projections de rendement des fonds euros pour cette année.
PEL à 2 % : 1,4 % net, et un horizon à respecter
Le PEL ouvert en 2026 rapporte 2 % brut, soit 1,4 % net après le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Il ne joue pas dans la même cour que le LEP, mais il sécurise un taux de prêt pour un projet immobilier dans quatre à huit ans.
Où placer son argent en 2026 : l’ordre de remplissage qui rapporte
- Vérifiez votre éligibilité au LEP : c’est le meilleur rendement garanti du marché, sans impôt.
- Remplissez ensuite le Livret A puis le LDDS, en visant deux à trois mois de dépenses disponibles immédiatement.
- Au-delà des plafonds réglementés, l’assurance vie en fonds euros prend le relais. Ouvrez un contrat même avec un petit versement : le compteur fiscal des huit ans démarre à l’ouverture, pas au premier gros versement.
- Comparez les frais avant les taux : sur un fonds euros, les frais de gestion annuels pèsent plus lourd qu’un demi-point de rendement affiché.
Un dernier repère : après huit ans de détention, les rachats sur l’assurance vie bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Et les versements effectués avant 70 ans transmettent jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire hors succession. Le Livret A, lui, ne transmet rien : il s’éteint avec son titulaire.
L’argent dort partout en France. Il ne dort pas au même prix.
