Hier matin, E.Leclerc a ouvert la plus attendue des foires aux vins de l’automne. Jusqu’au 11 octobre, les rayons des supermarchés deviennent un champ de bataille : 309 références chez Leclerc, plus de 1 000 chez Carrefour, des remises qui montent jusqu’à 34 %. Mais derrière les étiquettes alléchantes, tous les « bons plans » ne se valent pas.

Le caddie est chargé, la carte bleue chauffe. Chaque automne, des millions de Français font la même chose : remplir leur cave pendant les foires aux vins des supermarchés. Il faut dire que l’enjeu est réel. Selon une étude Advini citée par Le Figaro, 76 % des consommateurs français achètent leur vin en grande distribution. Et cette année, le calendrier est serré : tout se joue entre fin septembre et mi-octobre.

Foire aux vins 2026 : les dates encore d’actualité

Plusieurs enseignes ont déjà refermé leurs portes. Intermarché et Lidl ont tiré leur rideau le 27 septembre, Carrefour hypermarchés termine le 5 octobre. Ce qui reste ouvert vaut le détour.

E.Leclerc, du 29 septembre au 11 octobre, avec 309 références nationales, 68 références choisies par chaque magasin et 250 exclusivités web. L’enseigne fondée par Édouard Leclerc, qui avait inventé le concept en novembre 1973, reste la plus agressive sur les prix d’entrée de gamme.

Auchan, du 25 septembre au 11 octobre, mise sur le petit budget : 75 % de sa sélection est sous les 10 €, avec des remises jusqu’à 20 % sur les bouteilles de la brochure.

Grand Frais, du 21 septembre au 11 octobre, et Biocoop, jusqu’au 14 octobre, ferment la marche. Enfin, Carrefour Market ouvre son édition du 1er au 18 octobre, avec 650 références dont 95 % communes avec les hypermarchés.

Les vraies bonnes affaires repérées cette semaine

Du côté de Leclerc, les œnologues qui ont épluché le catalogue pointent plusieurs bouteilles sérieuses. Le Château Poujeaux 2023, cru bourgeois du Médoc, est affiché à 22,50 €. Le Château Sociando-Mallet 2023, autre valeur sûre de la rive gauche, est à 29,95 €. Et le Côtes du Rhône de Guigal, un classique de l’apéritif, à 7,95 €. Trois bouteilles qui ont un point commun : leur prix est vérifiable chez les cavistes, donc la remise est réelle.

Cueillette des raisins pendant les vendanges d’automne dans un vignoble français Les vendanges battent leur plein dans les vignobles français pendant la saison des foires aux vins.

Sur le web, l’enseigne sort aussi l’artillerie lourde. Le crémant de Bourgogne Valenger est proposé à 4,75 € au lieu de 7,20 €, soit 34 % de réduction. Et La Terrasse de la Garde 2024, un Pessac-Léognan élevé huit mois en barriques, passe de 14,50 € à 10,15 €.

Chez Carrefour, 1 050 références en hypermarchés, mais 60 % d’entre elles bénéficient d’une remise immédiate, contre 53 % l’an dernier. Parmi les pépites notées par la Revue du Vin de France, le Clos la Gaffelière 2023 à 19,77 € (noté 16/20) ou le Château Haut-Bergey 2018 à 19,95 € sortent du lot.

Les meilleures affaires ne sont pas les moins chères : ce sont celles dont le prix de départ est vérifiable ailleurs.

Le piège des bouteilles à 5 €

Toutes les étiquettes « -30 % » ne sont pas des cadeaux. Les spécialistes sont formels : méfiez-vous des bouteilles à 5 ou 8 € dont le prix habituel est inconnu ou invérifiable. Une remise sur un prix jamais pratiqué n’est pas une remise.

La méthode qui marche, elle, tient en cinq gestes.

  • Comparez avant d’acheter. Un rapide contrôle sur un comparateur de prix en ligne prend deux minutes et révèle les fausses promotions.
  • Visez le milieu de gamme. Les bouteilles entre 15 et 35 €, et les exclusivités « domaine », offrent les rapports qualité-prix les plus honnêtes.
  • Repérez en ligne, achetez en magasin. Les stocks varient d’un point de vente à l’autre : notez vos références, puis vérifiez sur place.
  • Comptez vos bouteilles. Pour un couple qui boit deux bouteilles par semaine, 20 à 30 bouteilles couvrent deux à trois mois. Au-delà, il faut une vraie cave.
  • Ne négligez pas le stockage. Un vin acheté pas cher et conservé n’importe comment reste un vin gâché.

Deux verres de vin rouge et une bouteille sur une table au coucher du soleil Un vin bien choisi au bon prix : c’est tout l’enjeu des foires aux vins d’automne.

1973 : l’invention qui a changé la cave des Français

Il y a plus de cinquante ans, personne n’aurait imaginé acheter du grand bordeaux entre les couches-culottes et les surgelés. C’est en novembre 1973 qu’E.Leclerc lance la toute première foire aux vins, en négociant directement avec les vignerons. L’idée fait scandale dans la profession, puis elle fait école.

Cette année, la fenêtre est courte. Après le 18 octobre, il faudra attendre le printemps. Alors si une bouteille vous fait de l’œil, vérifiez son prix, comptez vos cartons, et foncez : les meilleures références partent toujours les premières.