Jusqu’à 600 € par an, nets d’impôt et de cotisations, pour aller travailler à vélo ou en covoiturage : c’est ce que votre employeur a le droit de vous verser. Le problème, c’est qu’une large majorité des entreprises ne l’a toujours pas mis en place.

Le forfait mobilités durables 2026, c’est jusqu’à 600 € par an que votre employeur peut vous verser pour vos trajets domicile-travail à vélo ou en covoiturage, sans qu’un euro parte en cotisations ou en impôt. Il y a un hic : l’entreprise doit d’abord décider de le verser. Et beaucoup ne l’ont pas fait.

Selon le baromètre 2024 de la Fédération des usagers de la bicyclette, seuls 19 % des employeurs privés de plus de 50 salariés avaient déployé le dispositif fin 2024, et 5 % des PME de moins de 50 salariés. Résultat : environ 950 000 bénéficiaires, sur 25 millions d’actifs français. Un avantage salarial que la plupart des salariés ignorent.

Le versement passe souvent par une carte prépayée dédiée, le titre-mobilité, sur le modèle du ticket-restaurant. Et il se cumule avec un droit que beaucoup de salariés connaissent déjà : l’employeur doit prendre en charge au moins 50 % de l’abonnement de transport en commun. C’est précisément ce cumul qui fait grimper le plafond d’exonération à 900 €.

600 €, 900 €, 300 € : les montants en 2026

Dans le secteur privé, le forfait est exonéré de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d’impôt sur le revenu dans la limite de 600 € par an et par salarié. Ce plafond monte à 900 € quand le forfait est cumulé avec la prise en charge de l’abonnement de transport public. Dans la fonction publique d’État, le plafond est de 300 € par an.

Si l’employeur verse davantage, l’excédent retombe dans le droit commun : il est traité comme du salaire, avec les cotisations et l’impôt qui vont avec. Le plafond s’apprécie par salarié et par année civile, tous les versements du forfait confondus.

Des amis en covoiturage partagent un trajet en voiture Le covoiturage, en conducteur comme en passager, ouvre droit au forfait mobilités durables.

Vélo, covoiturage, trottinette : ce qui passe et ce qui casse

Sont éligibles : le vélo personnel, mécanique ou électrique, le covoiturage en tant que conducteur ou passager, la trottinette, les engins en location ou en libre-service, et l’autopartage de véhicules à faibles émissions.

Ne sont pas éligibles : la moto ou le scooter personnel utilisé en solo, le taxi, la marche. Et venir seul dans sa voiture ne compte évidemment pas. La logique du dispositif, c’est de financer les modes qui désengorgent les routes, pas de subventionner l’autosolisme.

Le forfait mobilités durables : comment le demander ?

Le dispositif reste facultatif pour l’employeur privé. Il se met en place par accord d’entreprise ou par décision unilatérale, après consultation du comité social et économique. Quand il existe, il doit profiter à tous les salariés dans les mêmes conditions.

  • Demandez aux ressources humaines ou à vos représentants du personnel si le forfait existe déjà dans votre entreprise.
  • Fournissez chaque année l’attestation sur l’honneur d’utilisation effective d’un mode de transport éligible. Ce justificatif est obligatoire : sans lui, l’exonération peut être remise en cause en cas de contrôle.
  • Si rien n’existe, proposez-le. Le sujet peut être porté dans les négociations annuelles, et c’est un avantage qui coûte très peu à l’entreprise grâce à l’exonération totale de cotisations. Le forfait ne remplace rien d’autre : la prise en charge de l’abonnement de transport, elle, reste due par ailleurs.

Une femme à vélo électrique en ville le matin Le vélo électrique compte parmi les modes éligibles, comme le vélo mécanique et le covoiturage.

950 000 bénéficiaires pour 25 millions d’actifs : le forfait mobilités durables reste l’avantage salarial le moins réclamé de France.

Reste à savoir si votre employeur fait partie des 19 %. La question vaut un détour par les ressources humaines.