Un plein à 10 euros de moins. C’est la promesse faite lundi aux automobilistes par Sébastien Lecornu : dès le 1er novembre, le prix du gazole baissera de 12 à 18 centimes par litre dans toutes les stations de France, grâce à une vente exceptionnelle des stocks stratégiques.
L’annonce était attendue depuis une semaine. Lundi 12 octobre, à l’issue d’une réunion à Matignon avec les distributeurs de carburants, Sébastien Lecornu a confirmé le calendrier de la baisse du prix du gazole au 1er novembre 2026 : moins 12 à 18 centimes par litre à la pompe pour les particuliers. Environ 8 à 10 euros de moins par plein. Pour y parvenir, le gouvernement sort une arme qu’aucun gouvernement n’avait dégainée avant lui : 10 millions de barils de ses stocks stratégiques, vendus à prix coûtant aux distributeurs.
Dans toutes les stations, le prix du gazole devrait afficher entre 2,18 et 2,22 euros dès le 1er novembre.
Prix du gazole au 1er novembre : le détail par station
Ce sont les chiffres du gouvernement, confirmés par les distributeurs lundi. Dans l’ensemble du réseau, le gazole devrait reculer de 18 centimes par litre et s’afficher entre 2,18 et 2,22 euros. Chez TotalEnergies, premier réseau du pays avec ses quelque 3 300 stations, la baisse sera limitée à 10 centimes, pour un prix situé entre 2,15 et 2,20 euros le litre. Le groupe conserve son plafond de 2,25 euros, en place depuis mars 2026, et le maintiendra même après fin janvier 2027, quand l’effet de l’opération se sera dissipé.
Pourquoi cette différence ? Les stocks seront répartis selon les parts de marché de 2025. Celle de TotalEnergies est passée de 23 % à 30 % depuis le début de la crise, mais le groupe a accepté de conserver ses volumes de 2025. Résultat : il reste, paradoxalement, le réseau le moins cher de France.
Combien allez-vous vraiment économiser ?
Sur un plein de 50 litres, 18 centimes par litre représentent 9 euros. Le gouvernement évoque 8 à 10 euros d’économies par plein en moyenne, ce qui correspond aux pleins de 45 à 55 litres. Les conducteurs qui roulent beaucoup y gagnent davantage : un commercial qui avale 2 000 kilomètres par mois avec une voiture consommant 7 litres aux 100 économisera plus de 25 euros mensuels sur la période. L’opération court du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027, soit trois mois pleins.
Fioul et gazole non routier : les autres gagnants
La mesure ne s’arrête pas à la pompe. Le fioul domestique, qui s’affichait autour de 1 900 euros les 1 000 litres en octobre, baissera de 200 euros par mètre cube dès le 1er novembre. Pour un ménage qui remplit une cuve de 2 000 litres, l’économie avoisine 400 euros (lire aussi : notre guide pour faire baisser la facture fioul).
Les professionnels ne sont pas oubliés : le gazole non routier, utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs et les entreprises du BTP, reculera de 20 centimes par litre chez TotalEnergies.
Comment marche la vente des stocks stratégiques ?
La France dispose de plus de 100 millions de barils de réserves, détenues par les opérateurs pétroliers eux-mêmes. Dix millions de barils, environ un cinquième de la consommation sur trois mois, seront cédés aux distributeurs à leur prix d’achat d’origine, bien avant la flambée des cours. Cet écart se retrouve mécaniquement dans le prix affiché à la pompe.
Ces cuves font partie des réserves stratégiques : 10 millions de barils seront cédés aux distributeurs à prix coûtant.
« Nous allons utiliser nos stocks stratégiques pour diminuer votre facture de gazole », a promis Sébastien Lecornu dans une vidéo diffusée lundi. La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, ajoute que l’État surveillera « semaine après semaine » les marges des distributeurs, pour vérifier que la baisse arrive bien jusqu’aux conducteurs.
Que faut-il faire pour en profiter ?
Rien : ni formulaire, ni plafond de revenus, ni démarche en préfecture. La baisse s’applique automatiquement, dans toutes les stations, pour tous ceux qui roulent au diesel. Deux réflexes tout de même :
- Commandez votre fioul après le 1er novembre. Si votre cuve tient jusque-là, une commande passée en novembre plutôt qu’en octobre vous fera économiser jusqu’à 200 euros les 1 000 litres.
- Surveillez les prix affichés. Plus de 300 stations isolées recevront des avances de trésorerie et un fonds spécialisé pour appliquer les nouveaux tarifs dès le 1er novembre.
- Gardez une trace. L’État promet des contrôles. Si une station ne répercute pas la baisse, les comparateurs de prix restent le meilleur levier.
Une mesure inédite, mais à durée limitée
Et une fois les 10 millions de barils épuisés, fin janvier, les prix repartiront sur les cours du marché. D’ici là, trois mois de répit obtenus sans un euro d’argent public.
Dix euros par plein, trois mois durant : sur l’hiver, la somme n’est pas négligeable.
