Samedi 26 septembre, la France a marché pour le climat. De Bordeaux à Paris, des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour exiger un plan d’urgence, après un été qui a vu les thermomètres s’affoler et les forêts partir en fumée.
« Votre Terre, vous la préférez bleue, saignante ou bien cuite ? » « Rejoignez le côté vert de la force. » « Moins d’actionnaires, plus de Canadair. » Les pancartes brandies samedi 26 septembre dans toute la France avaient gardé l’humour, malgré un été qui n’en prêtait guère. De Bordeaux à Paris, en passant par Rennes, Montpellier ou Die, dans la Drôme, des milliers de manifestants ont marché « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale ».
Plus de 260 rassemblements étaient annoncés sur l’ensemble du territoire, selon un décompte du site 26septembre.org repris par l’AFP. Les organisateurs revendiquent 120 000 participants au total. À Paris, quelques milliers de personnes se sont retrouvées place de la République à partir de 17 heures, sous un soleil de fin d’été que personne, ce jour-là, n’avait envie de célébrer.
Des pancartes brandies dans la rue : l’humour n’a pas manqué, malgré un été record.
Un été record derrière eux
Cette mobilisation n’est pas tombée du ciel. Elle survient après un été record en termes de chaleur en Europe occidentale, marqué par des canicules à répétition et des incendies de forêt dévastateurs.
Un été 2026 record de chaleur : les thermomètres se sont affolés à répétition.
« On a vu les incendies du bassin d’Arcachon, on a vu à quel point le changement climatique fait des ravages », racontait Solenn, 27 ans, originaire de Bayonne, au micro de l’AFP.
À Montpellier, la police a compté 2 000 manifestants, 500 à Marseille, selon les chiffres rapportés par la presse. Des foules modestes, mais portées par une certitude partagée : l’été 2026 a fait passer le dérèglement climatique du statut de sujet lointain à celui d’expérience vécue. « J’aurais aimé qu’on soit plus nombreux, après l’été que l’on vient de passer », confiait d’ailleurs une participante au journal Le Monde.
À Paris, un défilé devenu rassemblement
Dans la capitale, la journée a pris un tour inattendu. En raison de la visite du pape Léon XIV et de la mobilisation des forces de l’ordre qu’elle entraînait, le défilé prévu s’est transformé en rassemblement statique. Sur la place de la République, quelque 1 200 associations ont planté leurs stands, pendant que des milliers de personnes assistaient aux prises de parole, rapporte France Info.
Le rassemblement parisien a aussi réuni des figures politiques, dans une année où l’environnement peine à trouver sa place dans le débat de la campagne présidentielle. « C’est un traitement qui est quand même trop minoritaire, surtout par rapport à des sujets qui prennent toute l’ampleur du débat », déplorait Mattia Geonget, co-organisatrice du rassemblement, interrogée par France Info.
À Clermont-Ferrand, une voiture force le cortège
La journée a aussi connu son moment d’effroi. À Clermont-Ferrand, la marche a été interrompue par une voiture qui a forcé le passage dans le cortège, blessant légèrement quatre personnes, ont rapporté l’AFP et Le Monde. L’automobiliste, âgé de 37 ans, était sous l’effet de stupéfiants selon les premiers tests, d’après le procureur de la République.
« Il y a une énorme vague de mobilisation populaire, parce que les gens savent que c’est urgent », a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors du rassemblement parisien, cité par l’AFP.
Ce qu’ils exigent : un plan d’urgence
Au-delà des pancartes, les manifestants avaient un cahier de revendications précis, porté par un appel signé par plus de 50 000 personnes et un millier d’organisations comme Greenpeace, les Amis de la Terre ou le Réseau action climat :
- des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en priorité dans les quartiers populaires et les communes rurales ;
- des forêts protégées et restaurées, après un été de feux ;
- des transports publics accessibles partout, avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes ;
- un plan d’adaptation et d’atténuation du changement climatique ;
- et, pour les financer, la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’industrie de l’armement, ainsi qu’un impôt climatique.
À Paris, les organisations présentes voulaient aussi peser sur le budget 2027 et sur la campagne présidentielle, pour que l’environnement y occupe enfin une place conséquente, note France Info.
Samedi, la rue a parlé, avec humour et avec colère. Reste la question que toutes les pancartes du monde ne résoudront pas : avant le prochain été, les décideurs auront-ils seulement écouté ?
Sources : Le Monde, Boursorama (AFP), France Info.
