Le budget 2027 fait le tri entre les aides. Bonne nouvelle pour les plus modestes : le RSA, l’allocation aux adultes handicapés et le minimum vieillesse suivront l’inflation, +1,8 % prévu, dès le 1er avril 2027. Mauvaise nouvelle pour les travailleurs modestes : la prime d’activité, elle, restera gelée. Deux poids, deux mesures assumés par le gouvernement.
Le projet de budget 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, dessine une ligne claire : protéger les minima sociaux, freiner le reste. Le RSA, l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), le minimum vieillesse, « seront indexés à 100 % » sur l’inflation, a promis le 30 septembre le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur France 2. La hausse des prix retenue par le gouvernement pour 2027 s’établit à 1,8 %. En face, la prime d’activité versée à 4,5 millions de travailleurs modestes « ne sera pas indexée sur l’inflation dans la copie initiale ».
Ce que ça change pour votre portefeuille
Combien. Une revalorisation de 1,8 % sur le RSA, l’AAH et le minimum vieillesse. Pour la prime d’activité, zéro : ni indexation, ni rattrapage. À part, l’aide alimentaire gagne 24 millions d’euros de moyens supplémentaires, pour accompagner 15 % de personnes en plus, selon le ministre.
Quand. Le 1er avril 2027, date habituelle de la revalorisation annuelle de ces prestations. Le gel de la prime d’activité et des APL, lui, s’appliquerait sur toute l’année 2027.
Qui est concerné. Les bénéficiaires des trois minima sociaux d’un côté ; de l’autre, les 4,5 millions d’allocataires de la prime d’activité, les locataires aidés et les familles — les allocations familiales resteraient gelées à leur niveau de 2026, pour environ 500 millions d’euros d’économies attendues.
Que faire. Rien de particulier : la revalorisation d’avril est automatique. Vérifiez simplement que votre versement d’avril reflète bien la hausse. Si vous touchez la prime d’activité, continuez vos déclarations trimestrielles de ressources : le gel ne change ni les conditions ni le calcul, pour l’instant.
« Un bouclier anti-inflation pour les gens les plus démunis. » — Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail
L’aide alimentaire gagne 24 millions d’euros de moyens supplémentaires en 2027, pour accompagner 15 % de personnes en plus.
Pourquoi la prime d’activité est-elle gelée ?
Le gouvernement assume un choix : concentrer la protection contre l’inflation sur les ménages les plus modestes. Jean-Pierre Farandou a justifié l’orientation par la nécessité de « restaurer les comptes de ce pays, dont les déficits dérapent, dont la dette s’envole ». Plus gênant pour les bénéficiaires, le mode de calcul de la prime pourrait aussi évoluer : le projet prévoit d’intégrer dans les ressources les sommes versées par l’employeur pour la mutuelle, ce qui réduirait mécaniquement le montant de l’aide sans que le revenu disponible bouge. Le ministre a toutefois laissé une porte ouverte : « on sait qu’au Parlement, il y aura des débats et des amendements » sur le niveau de revalorisation.
Et les autres aides ?
Le gel est large. Les aides personnelles au logement (APL, ALF, ALS) resteraient figées au niveau de 2026 — l’article 74 du projet de loi le prévoit, avec une possibilité de rétablir la revalorisation par décret. Les allocations familiales ne suivraient pas l’inflation non plus. L’allocation de rentrée scolaire serait « recentrée » en tenant davantage compte de l’âge des enfants, pour 600 millions d’euros d’économies recherchées. Côté retraites, la logique est la même qu’on a décryptée dans notre article sur le seuil de 1 260 € : indexation intégrale en dessous, sous-indexation au-delà.
Le minimum vieillesse suivra l’inflation en 2027, contrairement aux pensions de retraite ordinaires au-delà de 1 260 €.
Ce qu’il faut retenir
Trois prestations — RSA, AAH, minimum vieillesse — suivront les prix à 1,8 % en avril 2027. Tout le reste, ou presque, attendra : prime d’activité, APL, allocations familiales. Le Parlement peut encore changer la donne d’ici l’adoption définitive du budget, et le gouvernement s’est réservé la possibilité de dégeler certaines aides par décret. En attendant, une certitude : en 2027, toutes les aides ne se vaudront plus face à l’inflation.
