Un bébé qui arrive, un appartement devenu trop petit, et une enveloppe de 180 000 euros sans intérêts posée sur la table : le gouvernement veut créer un prêt à taux zéro réservé aux familles qui s’agrandissent. Il reste une étape avant de pouvoir le demander : le vote du budget 2027.

Vous attendez un enfant, ou le vôtre n’a pas encore soufflé ses trois bougies ? Le PTZ parentalité 2027 pourrait bientôt vous prêter jusqu’à 180 000 euros à 0 % pour acheter votre résidence principale. La mesure figure dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté jeudi 1er octobre en Conseil des ministres. Elle n’est pas encore votée, mais ses contours sont déjà connus.

Voilà ce que ça changerait pour votre portefeuille. Combien ? Jusqu’à 180 000 euros empruntés sans intérêts ni frais de dossier. Un ordre de grandeur : sur 25 ans, à 4 %, un tel montant coûterait plus de 100 000 euros d’intérêts. Cette somme-là s’évaporerait. Quand ? Si le Parlement adopte le texte cet automne, le dispositif s’appliquerait en 2027. Qui est concerné ? Les ménages dès le premier enfant, de la grossesse jusqu’aux 3 ans, y compris ceux qui possèdent déjà leur logement. Que faire ? Rien à demander pour l’instant : le guichet n’existe pas encore.

PTZ parentalité 2027 : qui peut vraiment en bénéficier ?

C’est la grande rupture avec le PTZ classique, réservé aux primo-accédants. Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, l’a annoncé lui-même sur Europe 1 le 20 septembre : « Dans ce budget, il y aura un nouveau dispositif : un prêt à taux zéro parentalité ». Selon les paramètres dévoilés par Le Parisien, le dispositif serait ouvert dès la grossesse et jusqu’aux 3 ans de l’enfant, pour un logement neuf comme ancien. Les ménages déjà propriétaires de leur résidence principale y auraient droit, à condition d’acheter plus grand. Le prêt se cumulerait avec le PTZ classique, et chaque ménage ne pourrait l’utiliser qu’une seule fois.

Un agent immobilier fait visiter un appartement lumineux à un jeune couple Un agent immobilier fait visiter un appartement à un jeune couple.

Reste une condition : les ressources. Le dispositif reprendrait les plafonds du PTZ actuel, soit 88 200 euros de revenu fiscal de référence pour un couple avec un enfant à Paris, et 62 100 euros à Brest. Au-delà, pas de PTZ parentalité.

180 000 euros, vraiment ? Ce que dit le barème

Les 180 000 euros correspondent au plafond maximum : foyer d’au moins cinq personnes, achat en zone A ou A bis, là où les prix sont les plus élevés. Pour les ménages aux revenus les plus modestes, le prêt financerait jusqu’à 50 % du coût retenu de l’opération, sur une durée de 15 à 25 ans, avec un différé de remboursement possible.

Un couple qui attend son premier enfant n’empruntera pas 180 000 euros. Mais chaque euro emprunté à 0 % reste un euro d’intérêts économisé.

Pourquoi le gouvernement mise sur les familles

L’exécutif ne s’en cache pas : il veut des bébés et des déménagements. Avec 645 000 naissances en 2025, la natalité continue de reculer, et les familles qui s’agrandissent renoncent souvent à acheter plus grand. L’idée reprend une proposition de loi déposée en mai par la députée Constance de Pélichy. Coût estimé pour l’État : environ 100 millions d’euros par an.

« Les familles qui achètent plus grand libèrent un logement plus petit, ce qui permet d’ouvrir toute la chaîne du parcours résidentiel. » — Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, sur Europe 1, le 20 septembre 2026.

PTZ parentalité : que faire dès maintenant ?

  • Suivez le vote. Tant que le texte n’est pas adopté, aucun dossier ne peut être déposé.
  • Vérifiez votre revenu fiscal de référence sur votre avis d’imposition, face aux plafonds du PTZ actuel.
  • Ne négligez pas le PTZ classique. Le Premier ministre a annoncé sa prolongation au-delà de 2027 : jusqu’à 100 000 euros pour les primo-accédants, cumulables avec le futur PTZ parentalité.
  • Chiffrez votre projet. Les taux pourraient atteindre 4 % début 2027 : votre banque ou un courtier peut simuler les deux scénarios.

Un couple de jeunes parents visite un bien immobilier Un couple visite un bien dans le cadre de son projet d’achat.

Un prêt à 0 % ne remplace ni salaire ni place en crèche. Mais pour une famille qui se demande où elle mettra le berceau, 180 000 euros sans intérêts, ça change l’équation.