La chaudière n’a pas bronché depuis le printemps. Les radiateurs ont dormi tout l’été. Et c’est toujours le matin où l’on ouvre les volets sur un salon glacial que les chauffagistes débordent et que les pièces traînent en rupture. Quatre gestes, une après-midi de septembre, et l’hiver arrive sans mauvaise surprise.

La chaudière n’a pas bronché depuis le printemps. Les radiateurs ont passé l’été à dormir contre les murs, la poussière s’est posée tranquillement sur les ailettes. Puis un matin, en ouvrant les volets, on comprend que la belle saison a bel et bien tourné : l’air du salon est frais, celui de la chambre aussi. C’est toujours à ce moment-là, pile quand le froid s’installe, que les chauffagistes débordent et que les délais de dépannage s’allongent.

Pourtant, tout ce qu’il fallait faire aurait pris une après-midi de fin septembre. Quatre gestes simples, que les professionnels répètent chaque automne.

Purgez vos radiateurs : la chasse à l’air emprisonné

C’est le geste le plus simple et le plus négligé. Pendant les mois d’arrêt, de l’air s’est glissé dans le circuit. Il empêche l’eau chaude de circuler correctement, et la chaudière compense en consommant davantage, pour un confort moindre. Le signe qui ne trompe pas : un radiateur froid en haut et chaud en bas, ou des gargouillis quand il chauffe.

La méthode ne demande qu’une clé de purge, quelques euros en quincaillerie, et un chiffon. Fin septembre est le moment idéal : les appareils sont froids, et il reste du temps pour appeler un chauffagiste si un problème apparaît.

  • Chaudière éteinte, radiateurs froids : glissez le chiffon sous la vis située en haut du radiateur.
  • Ouvrez d’un quart de tour et laissez l’air s’échapper, le sifflement puis le goutte-à-goutte.
  • Dès que l’eau coule franchement, sans bulle, refermez.
  • Commencez par les radiateurs les plus bas, proches de la chaudière, puis remontez.
  • Dix minutes pour tout le logement, et la chaleur circule de nouveau correctement.

Contrôlez la pression : le manomètre a toujours raison

Après la purge, un coup d’œil au manomètre s’impose. L’air évacué a fait baisser le niveau d’eau du circuit, et une pression trop faible fait travailler la chaudière dans le vide. Elle doit se situer autour de 1 à 1,5 bar, aiguille dans la zone verte.

Si elle a chuté, on ouvre le robinet de remplissage pour ajouter de l’eau, doucement, jusqu’à revenir dans la zone. Un geste d’une minute qui décide si les radiateurs chaufferont de manière homogène.

Un radiateur froid en haut et chaud en bas, c’est de l’air emprisonné dans le circuit : la chaudière travaille plus fort, pour moins de chaleur. Dix minutes de purge règlent le problème.

L’entretien annuel de la chaudière : une obligation, pas un conseil

Beaucoup l’ignorent, mais la visite annuelle n’est pas une option. Le décret du 9 juin 2009 impose un entretien chaque année civile pour toute chaudière de 4 à 400 kilowatts fonctionnant au gaz, au fioul, au bois ou au charbon. Le technicien vérifie le brûleur, nettoie l’appareil, contrôle la combustion et mesure le monoxyde de carbone, ce gaz inodore et mortel que chaque hiver rappelle à notre mémoire.

Un chauffagiste entretient une chaudière murale avant la saison froide L’entretien annuel de la chaudière est obligatoire et donne lieu à une attestation à conserver deux ans.

La visite donne lieu à une attestation, à conserver deux ans. Sans elle, en cas de sinistre lié à la chaudière, l’assureur peut réduire son indemnisation, voire la refuser. Il y a aussi l’argument financier : une chaudière mal réglée surconsomme de 8 à 12 %, selon l’Ademe. Quand le chauffage représente entre 60 et 75 % de la consommation d’un logement, la visite, entre 100 et 180 euros, se rentabilise vite. Septembre est le bon mois pour prendre rendez-vous, avant le rush des premières gelées.

Réglez votre thermostat : un degré, c’est 7 % d’économies

Dernier geste, le plus rentable de tous, et il ne coûte rien. Baisser la consigne d’un seul degré réduit la consommation d’environ 7 %. Les repères sont connus : 19 degrés dans les pièces à vivre occupées, 16 à 17 dans les chambres, 22 dans la salle de bains pendant la toilette.

Une main règle un thermostat mural affichant 20 degrés Vingt degrés sur le thermostat : baisser d’un degré la consigne fait économiser environ 7 % d’énergie.

Et pour ne pas y penser tous les jours, il y a le thermostat programmable, qui baisse la température la nuit et pendant les absences. Le décret de 2023 le rendra obligatoire dans tous les logements au 1er janvier 2027, y compris en location. Le gain atteint 5 à 15 % selon l’Ademe : autant s’y mettre dès cet automne.

Une clé de purge, un coup d’œil au manomètre, un rendez-vous de septembre et un degré de moins : l’hiver se prépare en septembre, quand il fait encore doux et qu’on a le temps de tout vérifier. En novembre, il sera trop tard pour regretter.