312 km/h. Pas sur un circuit, pas dans un film : sur une autoroute française, en pleine nuit, au milieu des autres automobilistes. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, une Porsche 911 GT3 a pulvérisé le record national d’excès de vitesse sur l’A40, en Haute-Savoie. Les gendarmes eux-mêmes n’en revenaient pas.
Il est tard dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre. Sur l’A40, dans la vallée de l’Arve, les gendarmes de l’équipe rapide d’intervention (ERI74) et de la brigade motorisée de Bonneville patrouillent comme toutes les nuits. Puis leur appareil s’affole : 312. Trois cent douze kilomètres par heure, sur une autoroute limitée à 130.
Le véhicule intercepté quelques instants plus tard est une Porsche 911 GT3, un bolide allemand qui coûte le prix d’un bel appartement. Au volant, un conducteur de nationalité étrangère — la gendarmerie n’en a pas dit davantage sur son identité. Ce qu’on sait en revanche, c’est ce qu’affichait le compteur : plus du double de la vitesse autorisée, en pleine nuit.
« On n’a jamais vu une vitesse pareille »
Deux jours après l’interception, les gendarmes n’en reviennent toujours pas. Le capitaine Joël Contal, de la gendarmerie de Haute-Savoie, l’a confié à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : « On n’a jamais vu une vitesse pareille. On avait déjà eu du 230 km/h, du 290 km/h, mais jamais ça. » Les militaires intervenus cette nuit-là ont d’ailleurs immortalisé la mesure sur l’écran de leur pistolet laser.
Sur Facebook, la gendarmerie a publié le relevé de l’appareil, accompagné d’un commentaire désabusé : « Inconscience ? Recherche d’adrénaline ? Peu importe. » Et de rappeler que la vitesse excessive constitue « un facteur majeur de mortalité sur les routes et autoroutes ».
Des gendarmes en intervention sur autoroute. La vitesse reste l’une des premières causes d’accidents mortels en France.
300 km/h retenus : des chiffres qui donnent le vertige
Précision utile : la loi impose une marge technique de 5 % pour tenir compte d’une éventuelle erreur de l’appareil. La vitesse retenue contre le conducteur est donc de 300 km/h, et l’excès de 170 km/h au-dessus de la limite. L’excès brut s’élevait à 182 km/h. Autrement dit, l’écart entre la vitesse du conducteur et celle autorisée dépasse à lui seul la vitesse maximale sur autoroute.
À 312 km/h, une voiture parcourt 87 mètres chaque seconde, contre 36 à 130 km/h. À cette allure, le moindre écart de trajectoire ne pardonne pas, et les autres usagers n’ont même pas le temps de voir passer le danger.
« À 312 km/h, le conducteur parcourait 87 mètres chaque seconde, au milieu des autres usagers de l’autoroute. » — la gendarmerie de Haute-Savoie
Le record est tombé… pour la deuxième fois sur la même autoroute
En mai 2026, le précédent record national avait déjà été établi sur cette même autoroute : 287 km/h, au volant d’une Audi RS3. Quatre mois plus tard, le record a donc été pulvérisé de 25 km/h, au même endroit.
Rien ne le dit officiellement, mais cette autoroute de montagne, qui file vers le tunnel du Mont-Blanc et la frontière italienne, attire chaque nuit son lot de conducteurs pressés de rejoindre l’Italie ou la Suisse. Les gendarmes de Haute-Savoie le savent, et c’est pour cela que l’ERI74 y multiplie les contrôles nocturnes.
Contrôle routier en France. Au-delà d’un certain seuil d’excès, les sanctions deviennent judiciaires.
Fourrière, 1 500 euros et un jugement : ce que risque le chauffard
Sur place, les gendarmes n’ont pas fait dans la dentelle. Le permis du conducteur a été retenu sur-le-champ, sa Porsche placée en fourrière administrative. Avant de pouvoir quitter les lieux, l’homme a dû s’acquitter d’une consignation de 1 500 euros, une somme versée en garantie dans l’attente de son jugement. Voiture saisie, permis confisqué : il a terminé sa nuit à pied.
Au tribunal, il s’expose à de lourdes sanctions :
- jusqu’à trois mois d’emprisonnement ;
- 3 750 euros d’amende ;
- une interdiction de conduire sur le territoire français ;
- et la confiscation définitive de sa Porsche 911 GT3.
Il existe des records dont on peut être fier. Celui-ci n’en est pas un. Quand le juge rendra sa décision, il restera de cette nuit de septembre un chiffre — 312 — et la question que les gendarmes posaient déjà sur Facebook : inconscience ou recherche d’adrénaline ? Sur l’autoroute, les deux finissent parfois au même endroit.
