Ce matin, des millions de femmes peuvent enfin se faire rembourser leurs protections périodiques en pharmacie. C’est la mesure la plus visible d’un 1er octobre qui apporte aussi son lot de nouveautés pour les retraités, les parents d’élèves et les patients.
Ce jeudi 1er octobre 2026, une poignée de mesures concrètes entrent en vigueur, et plusieurs vont directement alléger votre budget. La plus attendue d’entre elles répond à une question que des millions de femmes se posent depuis des mois : quelles protections menstruelles sont remboursées ? Depuis ce matin, les culottes et les coupes menstruelles achetées en pharmacie peuvent être prises en charge par l’Assurance maladie. Mais ce n’est pas la seule nouveauté du jour : kiné, retraites, bourses scolaires… Voici ce qui change vraiment pour vous.
Quelles protections menstruelles sont remboursées depuis le 1er octobre ?
Pas toutes, loin de là. Seules deux familles de produits réutilisables sont concernées : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles (les « cups »). Tampons, serviettes lavables et protections jetables restent exclus.
Le produit doit aussi figurer sur une liste établie par le ministère de la Santé, avec un cahier des charges exigeant : certification Oeko-Tex pour les culottes, Ecolabel européen ou tests de biocompatibilité pour les coupes, capacités d’absorption minimales. En pratique, vous n’avez rien à vérifier : c’est votre pharmacien qui sait quels modèles sont remboursables.
La mesure avait été votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Le décret n° 2026-288, publié le 18 avril 2026, en avait fixé le cadre, et un arrêté d’août 2026 a acté l’entrée en vigueur au 1er octobre.
Qui est concerné : faites-vous partie des 6,7 millions ?
Deux publics, et pas un de plus : toutes les personnes menstruées de moins de 26 ans, sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), quel que soit leur âge.
Selon l’Assurance maladie, ce sont près de 6,7 millions de femmes qui peuvent en bénéficier — l’objectif affiché étant de lutter contre la précarité menstruelle, qui touche en priorité les jeunes femmes et les plus précaires.
Combien l’Assurance maladie paie-t-elle vraiment ?
Pour les moins de 26 ans, l’Assurance maladie rembourse 60 % du prix fixé, dans la limite de 19 € pour une culotte et de 15,80 € pour une coupe — le reste pouvant être couvert par la mutuelle. Les bénéficiaires de la C2S sont prises en charge à 100 %, sans avance de frais.
Quelques règles avant de vous déplacer : remboursement limité à deux produits par an (deux culottes, deux coupes, ou une de chaque), achats exclusivement en pharmacie, aucune ordonnance exigée — la carte Vitale suffit. Le décompte repart de date en date à partir du premier achat.
« Je ne vais pas en vendre, je n’ai pas la place, ce n’est pas mon métier », confiait ce matin à l’AFP un pharmacien de Pantin, en Seine-Saint-Denis.
« On n’est pas au point » : le premier jour coince déjà
Car sur le terrain, le lancement s’annonce laborieux. Ce matin, l’AFP constatait l’absence d’affiches en vitrine des pharmacies et des produits souvent introuvables, peu visibles, voire non proposés à la vente. Manque de communication, incertitudes sur la qualité des produits, craintes de fraude : pharmaciens et associations se montrent réservés, au premier jour d’une mesure pourtant adoptée fin 2023.
« En permettant le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les jeunes femmes et les plus vulnérables, nous faisons un choix clair : celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes », s’était réjouie la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Reste à transformer l’annonce en réalité dans les rayons.
En pharmacie, la carte Vitale suffit : aucune ordonnance n’est exigée pour bénéficier du remboursement.
Les autres changements du 1er octobre à ne pas rater
- Votre kiné peut désormais réaliser votre bilan prévention. Les masseurs-kinésithérapeutes rejoignent les professionnels habilités à ce rendez-vous pris en charge à 100 %, proposé aux 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans.
- Retraites : le virement Agirc-Arrco tombe aujourd’hui. La complémentaire des salariés du privé est versée ce jeudi, sans changement de montant — une revalorisation est attendue le 1er novembre, estimée entre 1,2 % et 2 %. Le 9 octobre, l’Assurance retraite appliquera le nouveau taux de prélèvement à la source. CNRACL le 28 octobre, retraites de l’État le 29.
- Bourses scolaires : le compte à rebours a commencé. Les demandes de bourse pour les collèges et les lycées doivent être déposées avant le 15 octobre pour les établissements publics et privés, et avant le 31 octobre pour les élèves inscrits au CNED. Ne laissez pas passer la date : aucune dérogation n’est prévue.
- Obsèques : une notice standardisée devient obligatoire. Les opérateurs funéraires doivent remettre aux familles une notice présentant les prestations obligatoires et les droits des proches — utile pour comparer les devis en période de deuil.
Dès le 1er octobre, les kinés peuvent réaliser le bilan prévention, un rendez-vous pris en charge à 100 %.
Six changements, un même fil rouge : ce 1er octobre, l’administration demande un peu moins d’efforts aux portefeuilles — à condition de connaître ses droits, et de les faire valoir à temps.
