Jeudi 8 octobre, le concessionnaire Atosca a lâché le chiffre que tout le monde attendait : 20,40 euros l’aller-retour entre Toulouse et Castres sur la future A69. Samedi, plus d’un millier d’opposants marchaient dans le Tarn contre ce qu’ils qualifient de péage hors de prix. Voici ce que vous paierez vraiment, tronçon par tronçon, et les deux moyens de réduire la facture.
Le prix du péage de l’A69 est enfin public. Jeudi 8 octobre, le concessionnaire Atosca a dévoilé la grille tarifaire de l’autoroute qui reliera Castres à Toulouse sur 53 kilomètres : pour une voiture thermique, il faudra compter 8,50 euros le sens entre Castres et Verfeil. Ajoutez 1,70 euro pour rejoindre Toulouse par l’A680, exploitée par Vinci, et la note monte à 10,20 euros l’aller simple, soit 20,40 euros l’aller-retour. Les opposants, eux, n’ont pas attendu longtemps pour réagir : samedi 10 octobre, plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés à Cambounet-sur-le-Sor, dans le Tarn, à trois semaines de l’ouverture annoncée pour la première semaine de novembre.
Quel est le prix du péage de l’A69 ?
Le tarif se décompose tronçon par tronçon, toujours pour une voiture thermique de classe 1. Sur l’A69 proprement dite : 1,80 euro entre Castres et Soual Est, 1,90 euro entre Soual Est et Puylaurens, 2,80 euros entre Puylaurens et Maurens-Scopont, et 2 euros entre Maurens-Scopont et Verfeil. Les véhicules à très faibles émissions paient moins cher : 6,80 euros le parcours complet, grâce à une réduction de 20 %. Les motos s’en sortent à 5,10 euros le sens, les grands utilitaires et camping-cars à 12,90 euros, et les poids lourds à 19,10 euros.
Le péage de l’A69 fonctionnera en flux libre : pas de barrière, pas de badge, mais un règlement à effectuer sous 72 heures.
Comment payer le péage de l’A69 ?
Ici, pas de barrière où faire la queue. L’A69 fonctionnera en flux libre, comme c’est déjà le cas sur plusieurs autoroutes récentes : des portiques lisent la plaque d’immatriculation et le règlement se fait ensuite, en ligne ou dans un point partenaire du réseau Nirio. Le délai : 72 heures après le passage. Concrètement, si vous empruntez régulièrement la liaison, il vous faudra penser à régler chaque trajet dans les trois jours, sous peine de recevoir une contravention en cas d’oubli répété. C’est le même système que sur l’A79 : l’automobiliste n’a rien à faire au volant, mais tout se règle après.
Mon Pass A69 et Fréquence A69 : payer moins cher
Pour les conducteurs qui feront la navette entre le bassin de Castres et Toulouse, Atosca a prévu deux formules. La première, baptisée « Mon Pass A69 », fonctionne comme un forfait : un tarif mensuel fixe pour des trajets illimités entre deux diffuseurs choisis, avec un engagement minimum de six mois. La seconde, « Fréquence A69 », propose des réductions progressives selon le nombre de trajets : de 30 à 60 % pour les véhicules thermiques et de 40 à 70 % pour les véhicules à très faibles émissions, à partir de 20 trajets par mois. Les tarifs exacts de ces abonnements n’ont pas encore été communiqués.
« Il reste du combat à mener, nous on appelle au boycott de cette autoroute et de toute façon, cela se fera naturellement, vu le prix du péage. » — Thomas Brail, Groupe national de surveillance des arbres
Le chantier de l’A69 dans le Tarn : les travaux s’achèvent la semaine du 12 octobre, avant quinze jours de contrôles de sécurité.
Pourquoi le péage de l’A69 est-il si cher ?
La grille tarifaire tient compte d’un revers récent pour les partisans d’un péage allégé : fin septembre, le Conseil d’État a retoqué un avenant prévoyant 41 millions d’euros de subventions publiques de l’État, de la région Occitanie, du département du Tarn et des collectivités locales, qui auraient permis de baisser les prix d’environ un tiers. Olivier Fabre, président de l’agglomération Castres-Mazamet, déplore des prix au kilomètre parmi « les plus élevés » des autoroutes récentes et réclame une réunion d’urgence des cofinanceurs avec Atosca. En face, les opposants maintiennent la pression. Sur place samedi, une organisatrice masquée, présentée sous le prénom de Lucie, a répété devant la presse qu’ils seraient là « jusqu’à la dernière goutte de bitume qui sera versée ». Le rassemblement, déclaré et sans incident notable, s’est déroulé sous l’œil de 800 policiers et gendarmes, avec une interdiction de rassemblement dans un rayon de 200 mètres autour du tracé.
L’A69 en vaut-elle le prix ?
Reste une question simple pour qui fait la navette entre Castres et Toulouse. Aujourd’hui, le trajet prend près d'1 h 30 ; l’autoroute promet un gain de vingt minutes. Mais 20,40 euros l’aller-retour, c’est aussi l’un des péages les plus chers au kilomètre du réseau français. Les partisans du projet y voient une sortie du désenclavement pour le bassin de Castres-Mazamet et ses 100 000 habitants. Les opposants, eux, continuent de pointer une nationale déjà gratuite. Entre les deux, une certitude : début novembre, la route sera ouverte, et le péage, lui, ne sera pas gratuit.
