Votre avis d’échéance va arriver dans les prochaines semaines. Ouvrez-le bien : pour la quatrième année de suite, votre assurance habitation et votre assurance auto vont augmenter en 2027. Les cabinets d’actuaires chiffrent la facture, et l’État ajoute ses propres taxes par-dessus. Voici ce que cela va vous coûter, contrat par contrat.

La hausse de l’assurance habitation en 2027 est désormais chiffrée, et les chiffres ne font pas sourire. Le 21 septembre, deux cabinets d’actuaires, Facts & Figures et Addactis, ont publié leurs prévisions tarifaires pour l’an prochain : la multirisque habitation progressera de 5 à 6 % selon le premier, de 6,5 à 7,5 % sur la prime pure selon le second, pour une augmentation globale proche de 7 %. L’automobile suivra, entre 3 et 4,5 %. Ces projections, relayées par l’AFP, sont faites pour les compagnies. En clair, elles dessinent la facture que vous paierez à partir du 1er janvier prochain.

Combien : +25 € sur votre habitation, +20 € sur votre voiture

Prenons la calculette. Pour un contrat d’habitation classique, la hausse attendue représente 20 à 25 euros hors taxes de plus par an, selon Addactis. La cotisation moyenne, estimée à 344 euros hors taxes en 2026, passerait ainsi à environ 368 euros dans l’hypothèse haute, à garanties inchangées. Et si votre assureur relève aussi la franchise au passage, l’augmentation réelle dépasse le pourcentage affiché.

Côté automobile, la hausse est moins marquée en pourcentage, mais presque identique en euros : une vingtaine d’euros hors taxes par an et par contrat. Les complémentaires santé ne sont pas épargnées : le baromètre Addactis annonce une hausse médiane de 8,3 % pour les contrats individuels et de 8 % pour les collectifs.

À ces hausses « techniques » s’ajoutent des prélèvements décidés par l’État. La contribution au fonds de garantie des victimes du terrorisme, la fameuse « taxe attentat », passe de 6,50 à 8,50 euros par an et par contrat au 1er janvier 2027, par arrêté publié au Journal officiel du 30 juillet. Un foyer avec une assurance habitation et deux voitures paiera donc 6 euros de plus par an à ce seul titre, puisque la taxe frappe chaque contrat.

« Il faut savoir qu’un assuré paie en taxes l’équivalent de deux mois de prime sur ses contrats en santé, en auto et en habitation. Charger la barque pénalise les assurés », prévient Jean-Philippe Dogneton, directeur général de la Macif.

Voitures garées dans une rue en ville Les assurances auto augmenteront de 3 à 4,5 % en 2027, soit environ 20 € de plus par an et par contrat.

Pourquoi les tarifs grimpent encore

Les assureurs se défendent de faire des bénéfices sur votre dos. Ils disent répercuter des coûts qu’ils subissent eux-mêmes. L’année 2026 a été rude : tempêtes hivernales, canicule, sécheresse, épisodes de grêle de plus en plus violents. « Les sinistres sont plus fréquents, plus sévères et leur coût augmente, notamment sous l’effet de la hausse du prix des matériaux, des réparations et des prestations », a justifié Florence Lustman, présidente de France Assureurs, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Pour l’automobile, la hausse est plus modérée, et elle s’explique aussi par vos habitudes. « Avec la flambée du coût des carburants, les Français utilisent moins leur voiture, la circulation routière a ainsi baissé de 3 à 6 %, ce qui a réduit le nombre d’accidents », analyse Cyrille Chartier-Kasler, fondateur du cabinet Facts & Figures. Le prix des pièces détachées a lui aussi ralenti : +3,5 % en 2026, contre +6,1 % en 2025. Les assureurs, qui placent une partie des primes, profitent en outre de la hausse des taux d’intérêt.

Mais les taxes pèsent de plus en plus lourd. Le projet de budget 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, prévoit de surtaxer les contrats auto (hors tiers) en relevant de 18 % à 18,9 % la taxe sur les conventions d’assurance, pour mieux financer les services départementaux d’incendie. Une contribution « émeutes » de 0,8 %, révisable chaque année jusqu’à 1,5 %, s’appliquera à tous les contrats dommages des particuliers et des professionnels. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l’avait dit lui-même le 17 août, en déplacement en Gironde : « Quand les Français vont commencer à comprendre que leurs assurances augmentent parce que la fiscalité sur les polices d’assurance augmente, les gens diront que le gouvernement augmente les impôts, et il n’y aura plus personne. »

Que faire avant le 1er janvier : quatre réflexes

  • Lisez l’avis d’échéance qui arrivera cet automne, et comparez-le à celui de l’an dernier. Les compagnies n’ont aucune obligation de vous prévenir d’une hausse : c’est sur ce document qu’elle apparaît.
  • Comparez à garanties strictement égales. Un tarif plus bas avec des franchises doublées n’est pas une économie.
  • Utilisez la loi Hamon. Après un an de contrat, vous pouvez résilier votre assurance auto, moto ou habitation à tout moment, sans frais ni pénalités. Pour l’auto et la moto, c’est le nouvel assureur qui s’occupe des démarches.
  • Surveillez la loi Châtel, puis négociez. Votre assureur doit vous informer au plus tard quinze jours avant la date limite pour ne pas reconduire le contrat. S’il ne le fait pas, vous pouvez résilier à tout moment après l’échéance. Et avant de partir, négociez : regrouper habitation et auto chez le même assureur se paie souvent en remise.

Personne vérifiant des factures avec une calculatrice L’avis d’échéance arrive cet automne : c’est le moment de comparer et, si besoin, de changer d’assureur.

Les hausses s’enchaînent : l’habitation avait déjà pris 7,8 % en 2025, l’auto 6 %. En six ans, les cotisations habitation ont bondi de plus de 35 %. Face à cette érosion silencieuse du pouvoir d’achat, le seul levier qui reste entre vos mains, c’est le vôtre : l’automne est la saison où l’on compare.