Ce jeudi 1er octobre 2026 n’a rien d’un jour ordinaire pour votre portefeuille : le gaz flambe, les aides au logement bougent, la santé coûte plus cher. Voici, chiffres à l’appui, tout ce qui entre en vigueur aujourd’hui.

Ce qui change le 1er octobre 2026, c’est d’abord une double peine. D’un côté, le chauffage va coûter nettement plus cher. De l’autre, les aides et les plafonds qui encadrent votre budget sont ajustés, à la hausse comme à la baisse. Le 1er octobre est chaque année une date charnière pour les finances des ménages : voici, poste par poste, ce qui entre en vigueur aujourd’hui, combien ça représente, qui est concerné et ce que vous devez faire.

Le gaz augmente de 6,3 % : +5,28 € sur la facture d’octobre

Combien ? La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a fixé le prix repère de vente du gaz à 182,88 € TTC le mégawattheure en octobre, contre 172,05 € en septembre. La facture d’octobre augmente ainsi de 5,28 € TTC en moyenne. Depuis janvier, le prix repère a déjà pris environ 30 %. La présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, a prévenu devant l’AFP le 15 septembre : la facture annuelle 2026 pourrait être de l’ordre de 120 € plus élevée qu’en 2025.

Quand ? Dès ce 1er octobre. La hausse avait été annoncée par la CRE le 10 septembre. Seule la part « fourniture » évolue ; l’acheminement et les taxes restent stables.

Qui est concerné ? Les quelque 6 millions de foyers dont le contrat est indexé sur le prix repère. Les clients à prix fixe — environ 4 millions de foyers — sont épargnés pendant la durée de leur contrat. La CRE explique la hausse par la flambée des prix de gros observée en août, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Que faire ? Si votre offre est indexée, c’est le moment de comparer les prix fixes : la différence entre les deux peut désormais se chiffrer en dizaines d’euros par mois cet hiver.

Flammes bleues d’un brûleur à gaz La flambée du gaz arrive pile au moment où les chaudières se rallument.

L’APL grimpe de 1,15 %, mais c’est peut-être la dernière

Combien ? Les aides personnelles au logement (APL, ALF, ALS) sont revalorisées de 1,15 % ce 1er octobre, selon l’évolution de l’indice de référence des loyers du deuxième trimestre. Concrètement, une aide moyenne de 219 € passe à 221,52 €, soit +2,52 € par mois.

Quand ? Automatiquement, sur les versements d’octobre. Aucune démarche : la CAF et la MSA appliquent la hausse d’office.

Qui est concerné ? Quelque 5,5 millions de foyers allocataires. La revalorisation de l’an dernier n’était que de 1,04 %.

Et après ? C’est le point à surveiller : le gouvernement envisage de geler les aides au logement en 2027, une mesure annoncée mi-septembre par le ministre de la Ville et du Logement. L’économie visée serait de l’ordre de 54 millions d’euros. La décision finale reviendra au Parlement.

Franchises médicales : le plafond annuel passe à 140 €

Combien ? Le décret du 11 septembre 2026 relève les plafonds annuels : 70 € pour les franchises médicales et 70 € pour les participations forfaitaires, soit 140 € cumulés restant à charge par an, contre 100 € auparavant. Les montants unitaires — par boîte de médicaments ou par consultation — ne changent pas.

Qui est concerné ? Tous les assurés, à l’exception des mineurs, des femmes enceintes et des bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), qui restent exonérés. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a justifié la mesure par une indexation sur l’inflation depuis 2005.

Billets en euros et portefeuilles Entre hausses et revalorisations, le budget des ménages est chamboulé ce 1er octobre.

L’inflation à 3 %, au plus haut depuis février 2024

Derrière ces mesures, le contexte s’est brutalement tendu. Selon l’estimation provisoire de l’Insee publiée le 30 septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3 % sur un an en septembre, contre 2,4 % en août. L’énergie bondit de 21,2 % et les produits frais de 9,9 %, quand l’alimentation dans son ensemble progresse de 1,5 %. Le déclencheur ? La guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz fin février, qui ont fait décoller les cours. Avant ces événements, l’inflation tournait autour de 1 %.

Le chauffage prend l’autoroute, l’aide au loyer prend la départementale : le 1er octobre 2026 restera comme un jour de bascule pour les budgets.

Ce qui change aussi ce 1er octobre

  • Rénovation énergétique : toute publicité proposant des travaux d’isolation ou une pompe à chaleur doit désormais afficher la mention France Rénov’. Une pub sans cette phrase est un signal d’alerte. Notre article détaillé.
  • Fourrière : l’enlèvement d’une voiture passe à 135 € maximum et les frais de garde à 7,15 € par jour.
  • Obsèques : les opérateurs funéraires doivent remettre aux familles une notice d’information standardisée, rappelant que le devis est gratuit et sans engagement.
  • Taxe foncière : paiement le 15 octobre (hors ligne, sous 300 €), le 20 octobre (en ligne) ou prélèvement le 26.
  • Bourses scolaires : les demandes pour collèges et lycées se clôturent le 15 octobre (31 octobre pour le Cned).
  • Vaccination grippe et Covid-19 : la campagne démarre le 13 octobre, les deux vaccins pouvant être reçus le même jour.
  • Météo : 16 départements restent en vigilance jaune orages, pluie et inondations ce jeudi, après les cumuls exceptionnels du Sud-Est.
  • Politique : le deuxième débat de la primaire de la gauche socialiste et démocratique est diffusé ce soir à 20h40 sur France 2, avec un avant-match dès 19h sur Franceinfo.

Le mois d’octobre commence donc sur une réalité simple : tout augmente plus vite que les aides. Reste à savoir si le budget 2027, examiné aujourd’hui même en conseil des ministres, inversera la tendance — ou l’amplifiera.