Ce mardi 13 octobre, le Fonds monétaire international a publié ses prévisions d’automne : 0,4 % de croissance pour la France en 2026, quand la zone euro avancera de 1,1 %. La France décroche, seule, pendant que ses voisins accélèrent. Et ce chiffre ne concerne pas que les économistes : il touche votre épargne, vos prix et peut-être vos impôts.

C’est à Bangkok, ce mardi 13 octobre, que le verdict est tombé. Le Fonds monétaire international y tient son assemblée annuelle, et ses économistes — désormais dirigés par Silvana Tenreyro, la nouvelle cheffe économiste de l’institution — viennent de publier leurs prévisions d’automne. Pour la France, le chiffre fait mal : 0,4 % de croissance en 2026. Pour les millions de Français qui se demandent que faire de son épargne quand la croissance ralentit, cette annonce change la donne.

L’an dernier, le pays avait encore crû de 0,9 % : le rythme est donc divisé par plus de deux.

Les faits, dans l’ordre

Voici les chiffres du rapport publié ce matin :

  • France 2026 : 0,4 % de croissance, contre 0,9 % en 2025.
  • France 2027 : 0,7 %, avec une révision en baisse de 0,2 point sur les deux années par rapport à juillet.
  • Zone euro : 1,1 % en 2026 (relevé de 0,2 point), 1,2 % en 2027.
  • Monde : 3,1 % en 2026.

Ce que ça change pour vous

D’abord le pouvoir d’achat : quand les prix grimpent de 3,1 % pendant que l’activité n’avance que de 0,4 %, ce sont les salaires qui trinquent — et l’énergie reste chère dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient.

Côté emploi, l’Insee citait déjà la hausse du chômage parmi les freins de l’économie : une croissance divisée par deux, c’est moins d’embauches et davantage de plans sociaux.

Et puis il y a les impôts — le plus concret, peut-être. Moins de croissance, ce sont des recettes fiscales qui rentrent moins bien. Or l’examen du budget 2027 commence ce mardi même à l’Assemblée nationale : soixante-dix jours de débats pour ramener le déficit de 5,4 % à 5 % du PIB. Problème : Bercy a construit son projet sur une hypothèse de 1 % de croissance, jugée « optimiste au regard des dernières évolutions » par le Haut Conseil des finances publiques. Quand l’hypothèse s’effondre, c’est le contribuable qui paie la différence. (Lire aussi : notre décryptage du budget 2027)

Enfin, si vous empruntez : le taux à dix ans a atteint 4,84 % lundi, son plus haut depuis 2002. L’argent cher, c’est le crédit immobilier qui pèse plus lourd chaque mois.

Des pièces et des billets en euros Des pièces et des billets en euros : à 0,4 % de croissance, l’épargne de précaution repasse devant la course au rendement.

Pourquoi la France décroche quand l’Allemagne accélère ?

C’est le contraste qui frappe le plus dans le rapport. Pendant que Paris est revu à la baisse, Berlin voit sa prévision bondir de 0,6 point à 1,3 %, après trois années difficiles dont deux de récession. L’Espagne confirme à 2,5 %, l’Italie remonte à 0,8 %. Le Figaro parle de « lanterne rouge » des économies avancées : avec le Canada, la France est le seul pays dont la prévision a été abaissée.

Les causes ? Le FMI ne les détaille pas, mais elles sont connues. L’Insee, le 10 septembre, citait la canicule, la hausse du chômage, la flambée des prix de l’énergie et l’ampleur des déficits publics. L’AFP ajoute les vagues de chaleur et les incendies de l’été, ainsi que l’incertitude politique, à quelques mois d’une élection présidentielle majeure. La France paie le climat, ses comptes publics et son instabilité pendant que ses voisins repartent.

Que faire de son épargne quand la croissance ralentit ?

C’est la question que tout le monde finit par se poser dans ces périodes : face à une croissance de 0,4 %, les épargnants ont moins le goût du risque et cherchent d’abord à protéger leur argent.

La base, ce sont les livrets réglementés : capital garanti, argent disponible, intérêts défiscalisés. Le Livret A rapporte 1,7 % net depuis le 1er août (plafond 22 950 euros), le LDDS suit le même taux (12 000 euros). Et le Livret d’épargne populaire affiche 2,5 % pour les ménages dont le revenu fiscal ne dépasse pas 23 028 euros, dans la limite de 10 000 euros. Si vous y avez droit et qu’il n’est pas plein, commencez par lui.

Quand la croissance flanche, la première chose à protéger n’est pas le rendement : c’est le matelas qui permet de dormir tranquille.

Au-delà, quelques réflexes simples : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, garder l’équivalent de plusieurs mois de dépenses à portée de main, et se méfier des promesses de rendement élevé.

Le budget 2027 va-t-il changer à cause de ces prévisions ?

L’examen du projet de loi de finances débute ce mardi à 15 heures à l’Assemblée, pour soixante-dix jours de débats. Le texte compte 89 articles, aucune réforme majeure, et doit ramener le déficit de 5,4 % à 5 % du PIB.

Avec 0,4 % de croissance au lieu du 1 % espéré par Bercy, l’équation se complique : moins d’activité, et les recettes fiscales suivent la même pente. Le gouvernement devra soit revoir sa copie, soit serrer davantage la vis ailleurs. Les députés, eux, viennent de rejeter le texte en commission — l’ambiance est donnée.

Pendant ce temps, les marchés regardent la France de près : emprunter coûte de plus en plus cher à l’État, et chaque point de taux en plus alourdit la facture de la dette.

Des clients dans un supermarché en France Dans les rayons, les prix restent la première préoccupation des ménages : l’inflation en zone euro est attendue à 3,1 % en 2026.

Le FMI ne gère pas votre compte en banque. Mais son chiffre donne le tempo des mois qui viennent : embauches plus rares, prix qui montent plus vite que les salaires, budget de l’État à boucler quand même. La seule bonne nouvelle, c’est qu’on le sait à l’avance.