La douceur de fin octobre ne tiendra pas jusqu’à la Toussaint. Dès dimanche, de petites gelées sont attendues dans le centre et l’est, puis le froid s’installera pour de bon début novembre, avec des journées qui peineront à dépasser 10 °C dans le nord et l’est.
Le froid début novembre en France n’est plus une hypothèse lointaine. Ce mercredi 28 octobre, les prévisions convergent : la chaleur s’en va dès cet après-midi, le week-end de la Toussaint bascule vers le froid, et la première semaine de novembre s’annonce fraîche, voire froide pour la saison. Pas une vague de froid, précisent les prévisionnistes. Un vrai changement de régime, quand même, après des semaines où le mercure est resté le plus souvent au-dessus des normales.
Ce mercredi, l’écart se voit déjà sur les thermomètres. Météo-France prévoit 14 °C l’après-midi à Paris et à Lille, 15 °C à Nantes, 17 °C à Bordeaux, 19 °C à Toulouse, 20 °C à Marseille et 21 °C à Perpignan. À Nantes, on relevait 5 °C ce matin. À Saint-Étienne, la maximale de l’après-midi ne devrait pas dépasser 11 °C. Le contraste avec la douceur de mardi est net : les températures chutent de 5 à 10 °C en 24 heures par endroits.
Ce que ça change pour vous
Quatre réponses, avant la carte des températures.
Combien ? Des minimales entre 3 et 7 °C au lever du jour en début de semaine prochaine, puis des gelées jusqu’en plaine dans le nord et l’est. En journée, souvent moins de 10 °C dans les mêmes régions.
Quand ? Les premières petites gelées dès le dimanche de la Toussaint, dans le centre et l’est. La baisse s’accentue ensuite en début de semaine prochaine, et la situation pourrait durer toute la première décade de novembre, voire au-delà.
Qui est concerné ? D’abord les habitants du nord, du centre et de l’est, et les vallées, où les gelées blanches arriveront en premier. Les automobilistes qui partent tôt le matin, les jardiniers et les parents dont les enfants reprennent l’école lundi 2 novembre sont les premiers à sentir le changement.
Que faire ? Prévoyez quelques minutes pour dégivrer le pare-brise les matins de gelée, surtout en campagne et dans les vallées. Vérifiez radiateurs et thermostat avant que le froid ne s’installe vraiment : c’est le moment où un réglage oublié se paie sur la facture. Et gardez un œil sur les prévisions locales : la gelée dépend beaucoup de la nébulosité nocturne, donc deux villages voisins peuvent se réveiller avec des températures très différentes.
Pourquoi le froid arrive-t-il maintenant ?
Le moteur du changement s’appelle l’anticyclone. Installé sur les îles britanniques, avec des pressions de plus de 1 040 hPa en son centre, il dirige sur la France un flux de nord-est. Cet air continental, d’origine polaire, remplace l’air doux qui dominait depuis des semaines. Le soleil reste présent, mais il ne suffit plus à réchauffer les journées.
La Chaîne Météo décrit le même mécanisme pour la rentrée scolaire : un puissant anticyclone installé sur le nord de l’Europe protège la France des perturbations atlantiques, le temps reste calme et souvent lumineux, mais les nuits dégagées et les vents faibles font chuter les températures. Sous un ciel étoilé, le rayonnement nocturne suffit à faire passer le thermomètre sous zéro, en particulier dans le centre et l’est.
Moins de 10 °C en journée, des gelées au lever du jour : début novembre ne ressemblera pas à fin octobre, même si le soleil reste au rendez-vous.
Des feuilles couvertes de gelée blanche au petit matin : les gelées blanches reviendront d’abord dans les campagnes, les vallées et les régions du nord et de l’est.
Quelles régions seront touchées en premier ?
Le dimanche de la Toussaint donnera le ton : de petites gelées dans le centre et l’est, selon les dernières prévisions. Puis, en deuxième partie de semaine prochaine, les gelées apparaîtront jusqu’en plaine dans de nombreuses régions du nord et de l’est.
En journée, les valeurs peineront à progresser dans ces mêmes régions, souvent sous les 10 °C de la Normandie aux Hauts-de-France et du Grand Est jusqu’à l’Auvergne-Rhône-Alpes. Le modèle européen, cité par les prévisionnistes, envisage même des maximales sous les 10 °C sur près des deux tiers de la France, avec un vent continental qui renforcera la sensation de fraîcheur.
Le sud et la Méditerranée garderont plus de douceur : 20 à 22 °C cet après-midi de Perpignan à Bastia et Ajaccio. L’écart nord-sud restera marqué, mais il se resserrera au fil des jours, à mesure que l’air froid gagnera du terrain.
Faut-il parler de vague de froid ?
Non, et la nuance compte. Les prévisionnistes insistent : il n’est question pour le moment ni de gel fort ni de gel généralisé. Les valeurs n’atteindront pas des niveaux exceptionnels pour la saison. Ce qui change, c’est la rupture avec les dernières semaines, où le mercure est resté très supérieur aux normales.
Autre mise au point : l’expression « vortex polaire », qui circule depuis le 26 octobre, ne doit pas faire croire à un hiver très froid. Les modèles envisagent un affaiblissement précoce du vortex début novembre, mais ce qu’il annonce pour la France, c’est surtout un temps plus frais vers les 4 et 5 novembre, avec des gelées matinales possibles. Pas une offensive hivernale.
Reste une incertitude, que les prévisionnistes ne cachent pas : une petite dépression d’air froid, une « goutte froide », pourrait circuler depuis l’Allemagne vers le nord de la France début novembre. Sa fiabilité au-delà de trois ou quatre jours est limitée. Avec elle, de la neige en montagne, parfois à basse altitude, n’est pas exclue. Sans elle, le temps resterait sec et lumineux.
Un temps sec qui inquiète pour l’eau
Le froid n’arrive pas seul. Il s’accompagne d’un temps sec qui pourrait durer deux semaines, quasiment sans pluie dans de nombreuses régions pendant la première décade de novembre. Les perturbations atlantiques restent bloquées à l’ouest, et le retour d’un flux océanique durable est encore repoussé.
Cette sécheresse n’est pas une bonne nouvelle pour les réserves en eau, déjà à des niveaux bas après plusieurs mois de sécheresse intense, selon les prévisionnistes. Le froid de novembre, cette année, ne se paiera donc pas seulement en degrés : il s’installera sur un pays sec, sous un anticyclone tenace, avec des matins à gratter et des journées courtes.
Dimanche, à la Toussaint, les premiers pare-brise givrins diront si les prévisions tiennent. Lundi 2 novembre, jour de rentrée, les élèves du nord et de l’est partiront à l’école dans un air qui aura changé de saison. L’été, cette fois, est vraiment terminé.
