Le premier bilan officiel est tombé mardi 3 novembre à Bercy : 6 000 stations sur 10 000 ont déjà baissé le prix du gazole, de 12 centimes en moyenne. Les 4 000 autres doivent suivre dans les jours qui viennent. Sur un plein de 50 litres, cela fait 6 € de moins, et jusqu’à 9 € là où la baisse dépasse 15 centimes.

La baisse du gazole dans 6 000 stations est désormais officielle. Mardi 3 novembre, à l’issue d’une réunion à Bercy avec les distributeurs, le ministre du Commerce Serge Papin a donné les premiers chiffres, aux côtés du ministre de l’Économie Roland Lescure. Sur les 10 000 stations que compte le pays, 6 000 ont déjà baissé leurs prix. La baisse moyenne est de 12 centimes par litre. Dans 4 000 stations, elle dépasse 15 centimes.

« Petit à petit, ce sont bien les 10 000 stations qui vont baisser leur prix », a promis Serge Papin devant la presse. Le ministre parle d’un « contrat rempli », à ce stade, pour plus de la moitié du réseau.

Ce que ça change pour vous dès ce plein

Combien ? Comptez 6 € de moins sur un plein de 50 litres avec la baisse moyenne de 12 centimes. Là où la baisse atteint 15 centimes, l’économie monte à 7,50 €. À 18 centimes, elle atteint 9 €, et à 21 centimes, comme chez Leclerc, 10,50 €.

Quand ? La baisse a commencé dimanche 1er novembre, avec le déstockage. Elle doit se généraliser dans les jours qui viennent, au rythme où chaque station renouvelle ses cuves. Le dispositif court sur trois mois, de novembre à janvier. Le gouvernement a annoncé un nouveau point complet en fin de semaine.

Qui est concerné ? Tous les automobilistes qui roulent au gazole, en métropole, en Corse et en outre-mer. Le dispositif couvre les 10 000 stations, selon le ministère. Il couvre aussi le fioul domestique et le gazole non routier, utilisé par les agriculteurs et les entreprises de travaux publics.

Que faire ? Avant de partir, comparez les prix sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr. Les écarts restent larges d’une station à l’autre, même dans la même ville. Si votre station habituelle n’a pas encore bougé, une autre, à quelques minutes, a peut-être déjà appliqué la baisse.

Des pompes à essence dans une station-service, avec le gazole affiché Une pompe de station-service. Les prix affichés varient encore beaucoup d’une enseigne à l’autre.

Gazole : les 6 000 stations qui ont baissé, et les 4 000 qui attendent

Pourquoi tout le monde ne paie-t-il pas déjà moins cher ? Parce que la baisse ne tombe pas d’un coup sur toutes les pompes. Les stations vendent d’abord le carburant déjà dans leurs cuves. Les petits distributeurs indépendants, dont les cuves étaient pleines, mettront un peu plus de temps, a reconnu le gouvernement. C’est le point qui explique le plus d’écarts sur la route.

Les enseignes n’ont pas non plus joué la même partition. D’après le baromètre cité mardi, Leclerc affiche la plus forte baisse moyenne, de 18,21 centimes dans 631 stations étudiées. BP suit à 14,29 centimes, puis Intermarché à 13,63 centimes et Esso à 12,53 centimes. Auchan, en revanche, ne baisse que de 3,07 centimes en moyenne. Chez TotalEnergies, la baisse paraît plus faible parce que les prix étaient déjà plafonnés depuis des semaines.

« Petit à petit, ce sont bien les 10 000 stations qui vont baisser leur prix. »

D’où vient cette baisse, et jusqu’où peut-elle aller ?

Le mécanisme est simple à résumer. Depuis le 1er novembre, l’État met sur le marché 10 millions de barils de gazole tirés de ses réserves stratégiques, soit environ 10 % des stocks nationaux. Les volumes sont vendus aux distributeurs à leur coût historique d’acquisition. L’avantage doit être répercuté intégralement sur le consommateur, sans marge supplémentaire. La Répression des fraudes, la DGCCRF, doit veiller à ce que ce soit le cas, a assuré Serge Papin.

C’est, selon le ministre, la première fois que les stocks stratégiques servent à faire baisser les prix à la pompe. Le gouvernement avait promis, en octobre, une baisse de 12 à 18 centimes par litre. Le bilan de mardi reste dans cette fourchette, en moyenne, mais il ne la garantit pas dans chaque station.

Un automobiliste qui fait le plein de sa voiture à la pompe Faire le plein reste un poste qui pèse, surtout pour les gros rouleurs et les professionnels.

Ce qui ne baisse pas, et ce qu’il faut surveiller

Le sans-plomb n’est pas concerné. La mesure ne porte que sur le gazole, le fioul et le gazole non routier. Si vous roulez à l’essence, ne vous attendez à aucune baisse automatique liée à ce déstockage.

La disponibilité, ensuite, mérite un coup d’œil. Au 2 novembre, 2 897 stations subissaient au moins une rupture de carburant, contre 2 600 une semaine plus tôt. Une station moins chère mais à sec ne fait avancer personne.

Reste une limite à garder en tête. Le prix n’est pas bloqué. Il continuera d’évoluer avec les cours du marché, et l’avantage du déstockage s’arrête fin janvier. D’ici là, le bon réflexe ne change pas : comparer avant de faire le plein, parce que 10 € d’écart sur un plein, cela se joue désormais d’une station à l’autre.