Il a fait rire des millions de Français avec ses caméras cachées. Ce lundi 28 septembre, c’est la justice qui a braqué ses projecteurs sur Grégory Guillotin : le youtubeur de 43 ans a été placé en garde à vue pour violences conjugales, trois mois et demi après la plainte de son ex-compagne.
C’est une image que ses 4,5 millions d’abonnés n’imaginaient pas. Grégory Guillotin, 43 ans, star des caméras cachées sur YouTube, a été interpellé ce lundi 28 septembre au matin et placé en garde à vue à Palaiseau, dans l’Essonne. La mesure a débuté à 9 heures, selon Le Figaro, dans le cadre de l’enquête ouverte après la plainte de son ex-compagne pour violences conjugales et harcèlement.
Son avocat, Me Tom Michel, a confirmé l’interpellation dans la matinée. Une mesure « prévue depuis plusieurs semaines », assure-t-il, que son client attendait « afin de pouvoir s’expliquer ».
Grégory Guillotin, 43 ans, s’était fait connaître par ses caméras cachées devenues virales sur YouTube.
Tout est parti d’une plainte déposée le 17 juin dernier auprès du procureur de la République d’Évry. La plaignante, aujourd’hui âgée de 27 ans, accuse son ancien compagnon de violences physiques et psychologiques répétées entre 2019 et 2026, pendant leur relation.
Dans sa plainte, dont l’AFP a eu connaissance, elle décrit un quotidien fait de surveillance, d’humiliations, d’insultes et d’emprise. Les premiers coups remonteraient à avril 2022, au domicile du couple en banlieue parisienne. Suivront, selon son récit : un coup de pied en décembre 2022 lors d’un séjour aux Maldives, une gifle et plusieurs coups de pied pendant un voyage au Maroc en 2023, où il lui aurait aussi jeté un bol de céréales au visage avant de lui faire croire, à tort, que son billet d’avion retour était annulé. Puis un coup de poing à un œil, en 2024.
L’année précédant leur séparation, raconte-t-elle encore, il aurait fait installer des caméras de surveillance au sein de leur domicile, sous prétexte de surveiller un artisan venu effectuer des travaux.
« Grégory Guillotin entend répondre pleinement sur les faits qui lui sont reprochés, faire entendre sa version et apporter l’ensemble des éléments utiles à l’enquête. Il ne cherche pas à se dérober et entend assumer les responsabilités qui sont les siennes. » — Me Tom Michel, avocat du youtubeur
Un aveu public début septembre
L’affaire avait éclaté au grand jour quelques semaines plus tôt. Début septembre, le youtubeur avait reconnu les violences dont il était accusé, disant en avoir « honte ». Une prise de parole rare, qui n’a pas éteint la procédure : le parquet d’Évry a depuis ouvert une enquête pour « violences habituelles sur conjoint et harcèlement moral », confiée au groupement de gendarmerie de l’Essonne, a indiqué le procureur Grégoire Dulin à l’AFP.
Le Figaro affirme, lui, qu’une accusation de viol s’ajoute désormais au dossier. Une information que les autres rédactions n’ont pas reprise à ce stade.
Ce qu’il faut retenir
- Interpellation lundi 28 septembre à 9 heures à Palaiseau (Essonne), garde à vue en cours.
- Plainte déposée le 17 juin par son ex-compagne, 27 ans : violences physiques et psychologiques répétées entre 2019 et 2026.
- Enquête ouverte pour « violences habituelles sur conjoint et harcèlement moral », confiée à la gendarmerie de l’Essonne.
- Le youtubeur, suivi par 4,5 millions de personnes, avait reconnu les faits début septembre, évoquant sa « honte ».
- Selon Le Figaro, une accusation de viol s’ajouterait au dossier.
Et maintenant ?
La garde à vue peut durer jusqu’à 48 heures. À son issue, le parquet d’Évry tranchera : classement sans suite, convocation devant le tribunal correctionnel, ou ouverture d’une information judiciaire avec un juge d’instruction. Pour l’homme qui a bâti sa notoriété en piégeant les autres devant la caméra, l’heure n’est plus au sketch : c’est la justice qui mène désormais le jeu.
