Ils ont patienté trois ans, ils ne veulent plus. Mardi 29 septembre, huit syndicats de la fonction publique lancent une journée nationale de grève contre le gel du point d’indice, avec des transports franciliens perturbés et près de 170 cortèges annoncés dans tout le pays.

Mardi 29 septembre s’annonce tendu dans les rues comme dans les gares. Huit organisations syndicales de la fonction publique — CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP — appellent les agents à cesser le travail. À l’origine de la colère, un sujet qui fâche depuis des années : le gel du point d’indice, qui sert à calculer la rémunération de base des millions d’agents publics.

Le déclencheur est récent. Mi-septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué qu’il souhaitait une nouvelle fois geler le point d’indice. Depuis 2017, les agents ne l’ont vu revalorisé qu’en 2022 (3,5 %) et 2023 (1,5 %). Pendant ce temps, selon l’Insee, l’inflation cumulée depuis 2017 atteindra 24,17 % fin 2026. Septembre a été marqué par une inflation liée notamment aux prix du carburant. « On ne peut pas continuer après 2024, 2025, 2026 sans rien, ajouter 2027, ce n’est pas possible », résumait sur BFMTV Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique. Les syndicats veulent faire pression sur le gouvernement à quelques jours des arbitrages budgétaires.

Ce qui va circuler, et ce qui va ramer

Bonne nouvelle pour les Franciliens : l’impact sur les transports devrait rester limité. La RATP a assuré dimanche que le trafic serait « normal » sur l’ensemble de ses réseaux, métro et RER A et B compris. Fini la menace d’un métro au ralenti, au moins pour mardi.

À la SNCF, le trafic sera « normal » sur les TGV et Intercités et « quasi normal » sur les TER, selon SNCF Voyageurs. Les soucis se concentrent sur le réseau francilien géré par le transporteur : le RER C et le RER E seront perturbés, le RER D « fortement perturbé », et les lignes R et V du Transilien connaîtront des perturbations. Des prévisions détaillées ligne par ligne doivent être publiées lundi 28 septembre dans l’après-midi.

Le tableau n’a pourtant pas toujours été aussi rassurant. La CGT-RATP avait déposé un préavis de grève illimitée à partir de ce lundi 28 septembre à 19 heures, en réclamant notamment une prime carburant de 600 euros pour tous les agents, la revalorisation de l’allocation complémentaire de déplacement pour les agents travaillant la nuit ou en horaires décalés, et la réouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires. SUD-Rail a pour sa part appelé les cheminots à cesser le travail à partir de lundi soir, en exigeant une redistribution des 1,2 milliard d’euros de bénéfices semestriels du groupe.

En 2026, le point d’indice n’a été revalorisé que deux fois depuis 2017, pour un total à peine supérieur à 5 %, pendant que l’inflation cumulée s’apprête à frôler les 25 %.

Des cheminots en grève sur un quai de gare en France Cheminots mobilisés en gare : les préavis de grève ont commencé à courir lundi 28 septembre dans la soirée.

Près de 170 cortèges dans tout le pays

Au-delà des transports, la mobilisation s’annonce massive : entre 150 et 170 manifestations sont annoncées à travers le pays, impliquant enseignants, soignants, pompiers et agents des impôts. À Paris comme dans les grandes métropoles, des cortèges sont attendus dans la journée.

Pour les familles, le casse-tête est connu : dans les écoles maternelles et élémentaires, un service minimum d’accueil n’est obligatoire que si plus de 25 % des enseignants de l’établissement sont grévistes, en application de la loi du 20 août 2008. Aucun dispositif équivalent n’existe dans les collèges et lycées. Les services administratifs fonctionneront quant à eux au ralenti dans de nombreuses collectivités.

Manifestation intersyndicale à Paris Manifestation intersyndicale à Paris : près de 170 cortèges sont annoncés mardi dans toute la France.

Ce qu’il faut vérifier lundi soir

  • Les prévisions de trafic détaillées ligne par ligne, attendues lundi 28 septembre dans l’après-midi par la SNCF et Île-de-France Mobilités.
  • Votre établissement scolaire : les écoles doivent prévenir les parents en cas de fermeture partielle ou totale.
  • Les conditions de circulation sur les routes, qui pourraient être chargées si de nombreux Franciliens abandonnent les trains.

L’intersyndicale l’a dit clairement : cette journée est un avertissement. Si le gouvernement campe sur le gel du point d’indice, d’autres mobilisations suivront à l’automne. Reste à savoir quelle ampleur prendra le mouvement mardi soir, une fois les comptages des préfectures connus. Réponse en fin de journée.