Cinq organisations syndicales appellent salariés du public et du privé, jeunes et retraités à faire grève et à manifester le jeudi 5 novembre. Premier appel commun public-privé depuis la rentrée, et la liste des revendications touche directement les fiches de paie.
Le communiqué est tombé lundi 5 octobre, en fin de journée. Cinq organisations, la CFDT, la CGT, Force ouvrière, l’Unsa et la FSU, appellent ensemble à une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre 2026. Le mot d’ordre : « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ». Et le périmètre est large : salariés du public comme du privé, jeunes, retraités.
Ce n’est pas une journée de plus dans un calendrier déjà chargé. Le 29 septembre avait visé surtout la fonction publique. Cette fois, l’intersyndicale frappe pour la première fois depuis la rentrée aux deux portes à la fois. Le gouvernement, qui présente son budget 2027 en pleine tempête lycéenne, vient de recevoir un deuxième avertissement.
Qui est vraiment appelé à faire grève le 5 novembre
L’appel s’adresse à l’ensemble des salariés, public et privé confondus, aux jeunes et aux retraités. Les retraités ne font pas grève, eux : ils sont invités à descendre dans la rue. Les organisations précisent agir « dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen », mais disent partager les revendications des jeunes pour de meilleures conditions d’études.
Concrètement, dans le privé, tout salarié peut cesser le travail ce jour-là : le droit de grève ne demande aucun préavis formel, il faut simplement que le mouvement soit collectif et porte des revendications professionnelles. Un seul arrêt individuel ne suffit pas. La retenue sur salaire est en revanche inévitable : la journée de grève n’est pas rémunérée, à moins qu’un accord d’entreprise ne prévoie le contraire, ce qui reste rare.
Dans la fonction publique, la mécanique diffère : un préavis de grève doit être déposé par une organisation syndicale, avec un délai de cinq jours francs. Les agents qui se mettent en grève ce jour-là verront aussi leur traitement amputé au prorata.
Ce que ça change pour votre portefeuille
Combien. Rien n’est chiffré du côté des revendications : les syndicats réclament des négociations de branche sur les salaires, l’augmentation des pensions, du Smic et des aides sociales, sans annoncer de montant. En face, le budget 2027 chiffre ses efforts : 43 milliards d’euros de « mesures de redressement », dont 5,5 milliards mis à contribution des retraités, selon les dépêches.
Quand. La mobilisation est fixée au jeudi 5 novembre. Le projet de loi de finances 2027, lui, arrive devant l’Assemblée nationale à partir du 13 octobre. Les deux dates encadrent la négociation : l’une est une épreuve de force, l’autre un vote.
Qui est concerné. Salariés du privé et du public pour la grève, jeunes et retraités pour les manifestations. Les fonctionnaires ont un souci supplémentaire : le point d’indice, qui sert au calcul de leur rémunération, sera gelé. Et les aides personnelles au logement ne seront pas revalorisées en 2027.
Que faire. Rien pour l’instant : ni les préavis, ni les lieux de rassemblement ne sont encore publiés. Ils viendront dans les prochaines semaines, secteur par secteur.
Salaires, pensions, point d’indice : ce qu’ils réclament vraiment
La liste des demandes tient en huit points, publiés dans le communiqué commun de la FSU. Ouvrir des négociations salariales dans toutes les branches et dans toutes les entreprises, avec l’égalité femmes-hommes. Revaloriser les pensions, pour le régime de base comme pour les complémentaires Agirc-Arrco. Relever la valeur du point d’indice et revaloriser les carrières de la fonction publique. Augmenter le Smic et toutes les aides sociales, des APL aux bourses étudiantes en passant par le RSA et les allocations familiales.
« La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales. »
Les organisations y ajoutent des moyens pour les services publics, une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner, et des mesures de justice fiscale : taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes, évaluer et redéployer les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises.
Pourquoi le budget 2027 a mis le feu aux poudres
Difficile de lire cet appel sans le relier au projet de loi de finances. « Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions », écrivent les signataires, dénonçant un « déclassement inédit » des travailleurs. Le pays serait « au bord de la récession », selon le communiqué.
Le gouvernement est minoritaire à l’Assemblée, qui examine le texte à partir du 13 octobre. Pour les syndicats, le budget « aggrave la situation » : économies massives, gel de prestations, contributions demandées aux retraités. De son côté, l’exécutif n’a pas encore réagi publiquement à l’appel du 5 novembre.
Un cortège syndical dans les rues de Paris : le 5 novembre serait le premier appel commun du public et du privé depuis la rentrée.
Ce qu’on sait, et ce qu’on ignore encore
Ce qu’on sait : la date, le jeudi 5 novembre. Les cinq signataires. Le périmètre, public et privé, jeunes et retraités. Les huit points de revendications. Le précédent du 29 septembre, qui avait surtout mobilisé la fonction publique.
Ce qu’on ignore : les préavis de grève n’ont pas encore été déposés. Les parcours des cortèges ne sont pas connus. Et sur les transports, il est trop tôt pour parler de perturbations : la SNCF et la RATP publient habituellement leurs prévisions de trafic la veille au soir. Affirmer aujourd’hui que les trains seront arrêtés serait une invention.
Les organisations annoncent vouloir « franchir une nouvelle étape ». Les semaines passées ont montré que le gouvernement regarde d’abord les chiffres de mobilisation avant de négocier. Le 5 novembre, il les aura.
Salariés, jeunes et retraités sont invités à rejoindre les cortèges : les parcours seront publiés dans les prochaines semaines.
Le 5 novembre, les cortèges diront si la colère est aussi immense que le communiqué l’affirme.
