Jeudi matin, des dizaines de milliers de Lyonnais vont découvrir leur arrêt de bus vide. Quarante lignes TCL ne rouleront pas de la journée : voici exactement lesquelles, et comment s’en sortir.
Demain jeudi, prendre le bus à Lyon va se transformer en casse-tête pour des dizaines de milliers d’usagers. La « grève bus Lyon 15 octobre », lancée par l’intersyndicale CGT, CFDT et UNSA des conducteurs de Keolis Bus Lyon, va paralyser une bonne partie du réseau TCL dès les premiers départs du matin. Quarante lignes resteront purement et simplement au dépôt, et des dizaines d’autres rouleront au ralenti. Le point ligne par ligne, pour ne pas se retrouver coincé sur le trottoir.
Grève bus Lyon 15 octobre : les 40 lignes totalement supprimées
Selon les prévisions de trafic publiées mercredi par TCL, les lignes suivantes ne circuleront pas du tout jeudi : C5, C18, C23, C26, 32, 34, 36, 38, 39, 45, 50, 59, 63, 65, 66, 69, 76, 78, 79, 81, 87, 88, 99EX, 104A, 104B, 105, 107, 108, 114, 116, 117, 118, 124, 127, 133, 135, 137, 141, 144 et BR60. Les lignes de nuit Pleine Lune resteront elles aussi au garage dans la nuit de jeudi à vendredi.
Ce sont surtout les bus des zones 1 et 2 de la métropole qui sont touchés : les quartiers centraux et la première couronne. Si votre ligne figure dans la liste, inutile de patienter au poteau : aucun bus ne passera de la journée.
Un bus du réseau TCL à Lyon : jeudi 15 octobre, 40 lignes resteront au dépôt toute la journée.
Métro, tramway : tout ce qui continue de rouler normalement
Il y a quand même une bonne nouvelle pour ceux qui disposent d’une alternative : la grève ne concerne que les bus exploités par Keolis. Les métros, les tramways, les funiculaires, le Rhônexpress et les navettes fluviales Navigône circuleront normalement, d’après les informations diffusées mercredi. Les lignes Junior Direct ainsi que les bus des zones 3, 4, 5 et du réseau externe ne sont pas affectés non plus.
Entre les deux, il y a les lignes « à moitié » maintenues : huit d’entre elles (C6, C12, C14, 31, 35, 57, 103 et 121) circuleront sur une partie seulement de leur trajet, avec des fréquences réduites, toujours selon les prévisions TCL. La ligne 80, elle, ne roulera qu’entre 6h30 et 19h30. Sur toutes les autres lignes maintenues, attendez-vous à des passages espacés et à des bus bondés aux heures de pointe : des suppressions ponctuelles resteront possibles tout au long de la journée.
Jeudi, mieux vaut vérifier son itinéraire avant de quitter la maison : les horaires affichés ne seront pas tenus partout.
Salaires gelés, bus manquants : pourquoi les conducteurs débrayent
Le conflit ne sort pas de nulle part. L’intersyndicale dénonce des salaires décrochés de l’inflation depuis 2020 : elle chiffre le retard à environ 150 euros par mois et réclame une revalorisation, alors que la direction aurait annoncé un gel. Le salaire d’embauche d’un conducteur-receveur tournerait autour de 2 272 euros bruts mensuels, quand il aurait dû frôler les 2 430 euros en suivant l’évolution des prix, toujours selon les syndicats.
L’autre front, ce sont les conditions de travail. L’intersyndicale évoque plus de 80 bus manquants dans le parc, des effectifs en sous-nombre et un été caniculaire qui a laissé des traces : une cinquantaine de malaises chez les conducteurs, une dizaine côté voyageurs. Au moins 300 salariés auraient déjà répondu à l’appel à la grève, un chiffre qui pourrait encore grimper d’ici jeudi matin.
Quand il manque des bus et des chauffeurs, ce sont les voyageurs qui paient l’addition : des temps d’attente qui s’allongent, des bus saturés, des correspondances ratées.
Un rassemblement est prévu jeudi à 9 heures devant le siège de Sytral Mobilités, boulevard Vivier-Merle dans le 3e arrondissement : des ralentissements sont possibles autour de la Part-Dieu dans la matinée.
Votre plan pour jeudi matin, en cinq étapes
- Vérifiez votre ligne ce soir puis demain à l’aube sur l’info-trafic TCL : les prévisions peuvent encore bouger.
- Si votre bus est supprimé, cherchez une correspondance métro ou tram : ces modes roulent normalement.
- Partez plus tôt que d’habitude : même sur les lignes maintenues, les fréquences seront allégées.
- Évitez les correspondances trop justes entre deux bus et préparez un plan B : vélo, marche, covoiturage.
- Si vous passez par la Part-Dieu, anticipez le rassemblement de 9 heures boulevard Vivier-Merle.
Dernier point à garder en tête : la grève tombe à deux jours des vacances de la Toussaint, qui commencent samedi 17 octobre. Si vous partiez en week-end prolongé dès jeudi soir, vérifiez aussi vos correspondances vers les gares.
Jeudi soir, les bus retrouveront leur rythme normal. En attendant, Lyon va redécouvrir ce que « prendre son mal en patience » veut dire quand on attend un bus qui ne viendra pas.
