À 2 h 30 du matin, les flammes léchaient la façade du bâtiment Michel Serres, sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Quatre heures plus tard, la toiture fumait encore. Et à la mi-journée, le procureur de Rouen tranchait : le feu avait été allumé volontairement.
C’est l’image que des milliers d’étudiants rouennais ont découverte au réveil ce samedi : le bâtiment de la faculté de lettres de l’université de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan, noirci et éventré par les flammes. L’incendie de l’université de Rouen s’est déclaré peu après 2 h 30 du matin dans cet édifice de l’UFR de lettres et sciences humaines, boulevard André-Siegfried. Le foyer principal a été éteint vers 4 h 30, après l’intervention de 50 sapeurs-pompiers et 30 engins. Le matin encore, des foyers secondaires couvaient sur la façade.
À la mi-journée, l’information qui a tout changé : le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, a confirmé un départ de feu volontaire. L’enquête, ouverte pour « destruction par incendie », est confiée à la division de la criminalité territoriale de la police judiciaire de Rouen. Il n’y a aucun blessé, selon la préfecture de Seine-Maritime.
Ce que ça change pour vous
Étudiant ou membre du personnel de l’université de Rouen, voilà ce qu’il faut retenir. Le bâtiment touché — le bâtiment Michel Serres — est fermé pour une durée indéterminée. Sa façade est détruite, deux étages ont été ravagés et 300 m² de toiture sont partis en fumée, selon une source policière citée par l’AFP. L’édifice, qui accueille principalement des personnels, abritait deux amphithéâtres et plusieurs services aux étudiants, dont l’accueil des étudiants en situation de handicap et le service des inscriptions.
Le périmètre autour du bâtiment reste bouclé : les relevés de la police technique et scientifique ont commencé dans la matinée. Pour les cours, l’incertitude demeure. Jeudi, la présidence de l’université avait annoncé, dans un communiqué, une reprise des cours « en présentiel le lundi 19 octobre », selon l’AFP. Samedi midi, l’impact de l’incendie sur cette reprise n’était pas précisé. Les vacances de la Toussaint commencent de toute façon ce samedi pour les trois zones, avec une reprise générale le 2 novembre.
Nuit de 2 h 30 à 4 h 30 : la chronologie
- 2 h 30 : les sapeurs-pompiers sont alertés. Le feu prend au pied de l’escalier d’entrée du bâtiment avant de gagner toute la cage d’escalier, selon les premières constatations.
- 4 h 30 : le foyer principal est éteint, selon la préfecture de Seine-Maritime.
- 7 h 30 – 8 h : des foyers secondaires restent actifs sur la façade et sont toujours en cours de traitement.
- Matinée : la police technique et scientifique débute ses relevés sur place. Aucune interpellation n’était annoncée à la mi-journée.
- Fin de matinée : le procureur Sébastien Gallois confirme auprès d’ICI Normandie que le feu est volontaire.
Cinquante sapeurs-pompiers et 30 engins ont été mobilisés cette nuit sur le campus de Mont-Saint-Aignan.
Le feu était-il volontaire ?
Oui. D’abord, une source proche du dossier avait confié à l’AFP que le feu était « vraisemblablement d’origine criminelle », le départ ayant été constaté sur un tas de détritus devant l’entrée de l’établissement. Puis le procureur de Rouen a officialisé l’information en fin de matinée : c’est bien un départ de feu volontaire. Conséquence immédiate : l’enquête, d’abord confiée au commissariat local, est désormais menée par la police judiciaire pour « destruction par incendie ».
Quels dégâts pour le bâtiment ?
La façade est détruite et une grande partie de la toiture a disparu. Deux étages du bâtiment ont été ravagés par les flammes, et une source policière citée par l’AFP parle de 300 m² de toiture réduits en poussière. L’édifice avait été réhabilité en 2020 et regroupait, outre les amphithéâtres, des bureaux administratifs dédiés aux étudiants.
L’université de Rouen-Normandie accueille plus de 35 000 étudiants sur six campus, selon son site internet.
Les cours reprennent-ils lundi ?
C’est la question que se posent des milliers d’étudiants. Jeudi, dans un communiqué, la présidence de l’université avait annoncé la reprise des cours « en présentiel le lundi 19 octobre », selon l’AFP. Samedi midi, l’université n’avait pas précisé quel impact l’incendie aurait sur cette reprise.
Faut-il y voir un lien avec la mobilisation du 17 octobre ?
Le parquet n’a établi à ce stade aucun lien avec la journée de mobilisation nationale qui agite la France ce samedi. Le service presse de l’université a précisé à l’AFP que l’Espace Michel Serres n’était pas concerné par les blocages lors du mouvement des lycéens et des étudiants. Ces dernières semaines, des bâtiments des universités de Nantes et de Rennes avaient fait l’objet d’importantes dégradations, rappelait aussi l’AFP, sans qu’un rapprochement soit fait avec l’incendie de Rouen.
Que risque l’auteur des faits ?
Une enquête pour « destruction par incendie » vise à identifier l’auteur. En fin de matinée, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a réagi : « L’incendie était volontaire et la justice devra sanctionner ses auteurs avec la plus grande sévérité. »
« Mettre le feu à une université, ce n’est pas une forme de contestation : c’est s’en prendre au savoir, à ceux qui l’enseignent et à ceux qui s’y forment. Rien ne peut le justifier. »
Ce que l’on sait, en résumé
- Un bâtiment de la faculté de lettres de l’université de Rouen a brûlé dans la nuit de vendredi à samedi à Mont-Saint-Aignan.
- 50 sapeurs-pompiers et 30 engins mobilisés ; le foyer principal éteint vers 4 h 30 ; aucun blessé.
- Le procureur de Rouen confirme un départ de feu volontaire ; la police judiciaire de Rouen enquête pour « destruction par incendie ».
- 300 m² de toiture détruits, façade éventrée, deux étages ravagés ; le bâtiment, réhabilité en 2020, abritait amphithéâtres et services aux étudiants.
- Aucun lien établi à ce stade avec la mobilisation du 17 octobre ; l’impact sur les cours reste à préciser.
Un bâtiment réhabilité en 2020, détruit en une nuit. Les étudiants rouennais commencent leurs vacances de la Toussaint avec une image de cendres plutôt qu’une image de rentrée. Reste la question que la police judiciaire devra trancher : qui a voulu ce feu, et pourquoi.
Sources : AFP (via 20 Minutes), BFMTV, franceinfo, ICI Normandie, préfecture de Seine-Maritime.
