Le plein n’a jamais coûté aussi cher depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Face à des pompes à prix record, le gouvernement a dégainé le 22 septembre une aide « grands rouleurs » XXL : 100 € pour trois mois, ouverte à 5,5 millions de Français et versée automatiquement à ceux qui en ont déjà profité.

Le constat a claqué comme un avertissement, mardi 22 septembre, en fin de journée. L’essence « est à son prix le plus haut depuis le début du conflit » et « a désormais dépassé son précédent pic », a lancé Roland Lescure, ministre de l’Économie, devant six ministres réunis pour trouver une réponse. La consommation, elle, s’est effondrée d’environ 19 % en septembre sur un an : des millions de conducteurs roulent moins, faute de mieux. L’indemnité carburant de 100 euros en 2026 change donc de dimension : renouvelée pour octobre, novembre et décembre, doublée en pouvoir réel et élargie à 5,5 millions de Français, contre 3 millions jusqu’ici. Qui peut la toucher, à quelles conditions, et que faut-il faire pour en profiter ? Voici les réponses.

Une pompe à essence TotalEnergies, comme celles où des millions de Français font le plein chaque semaine Le prix à la pompe a dépassé son précédent record : l’aide équivaut désormais à 40 centimes par litre, contre 20 centimes pour la première tranche.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Commençons par ce qui compte pour votre portefeuille. Combien ? 100 € par bénéficiaire pour octobre, novembre et décembre. La période couverte passe de six mois à trois : en pouvoir réel, l’aide double et représente désormais 40 centimes par litre, contre 20 centimes lors de la première tranche. Quand ? Sur la période octobre-décembre, avec un versement simplifié : pour les 1,2 million de Français déjà inscrits, il sera automatique. Qui est concerné ? Les actifs qui roulent beaucoup pour travailler : au moins 15 kilomètres par trajet domicile-travail (30 km aller-retour) ou 8 000 kilomètres professionnels par an, en voiture thermique ou hybride. Les plafonds de revenus sont nettement relevés : jusqu’à 2 035 € net par mois pour une personne seule, 4 070 € pour un couple avec un enfant, 6 100 € pour un couple avec deux enfants. Que faire ? Si vous avez déjà touché l’aide en 2026, rien : l’argent arrivera tout seul. Sinon, il faudra faire une demande sur la plateforme qui doit ouvrir sur impots.gouv.fr.

« La crise dure. Une usure réelle se fait sentir », a reconnu Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, justifiant l’élargissement et le renouvellement de l’aide.

Pourquoi cette fois, c’est beaucoup plus large

Passer de 3 à 5,5 millions d’éligibles, c’est presque doubler la cible. Le gouvernement a relevé les plafonds de revenus pour une raison chiffrée par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics : 1,5 million de personnes éligibles n’avaient jamais fait la demande lors de la première tranche. Le versement automatique répond directement à cette déperdition.

Lancée à 50 € en avril, l’aide avait été doublée à 100 € en mai face à la flambée. Cette fois, ce n’est plus le montant qui double, mais sa densité : 100 € pour trois mois au lieu de six. Coût total pour l’État : environ 450 millions d’euros.

Indemnité carburant : les conditions pour toucher les 100 €

Pour vérifier en deux minutes si vous êtes dans les clous, les critères sont les suivants :

  • Être actif et domicilié fiscalement en France, avec un véhicule utilisé pour l’activité professionnelle.
  • Respecter le plafond de revenus : jusqu’à 2 035 € net par mois pour une personne seule, 4 070 € pour un couple avec un enfant, 6 100 € pour un couple avec deux enfants.
  • Rouler pour le travail : au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an à titre professionnel.
  • Un véhicule essence ou diesel : thermiques et hybrides non rechargeables ; les 100 % électriques sont exclus.

Un automobiliste fait le plein : l’aide « grands rouleurs » concerne les voitures thermiques et hybrides utilisées pour le travail Thermique ou hybride, 15 km par trajet ou 8 000 km par an : voici les deux conditions d’usage à cocher.

Ce qu’il faut faire, selon votre situation

La démarche dépend de votre cas, et elle n’est pas la même pour tout le monde :

  1. Vous avez déjà bénéficié de l’aide en 2026 ? Ne faites rien. Vous faites partie des 1,2 million d’inscrits dont le versement sera automatique. Vérifiez juste que vos coordonnées bancaires sur impots.gouv.fr sont à jour.
  2. Vous étiez éligible mais n’avez jamais demandé l’aide ? Surveillez l’ouverture de la plateforme dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr : elle doit être mise en ligne prochainement. Préparez les pièces demandées au printemps : état civil, numéro fiscal, immatriculation et numéro de carte grise du véhicule.
  3. Vous devenez éligible grâce aux nouveaux plafonds ? Faites le test dès l’ouverture du guichet. Le simulateur d’éligibilité du site des impôts vous dira en quelques minutes si votre situation ouvre droit aux 100 €.

Dans la même annonce, le gouvernement a aussi tranché sur un autre dossier sensible : le chèque énergie sera maintenu dans le projet de budget 2027, entre 48 et 277 € pour 4,5 millions de ménages, et versé dès janvier au lieu d’avril. Mais les crédits passeront par un amendement au projet de loi de finances : le Parlement aura le dernier mot.

Un dernier conseil, valable pour toutes les aides de fin d’année : ne payez jamais pour « accélérer » votre dossier. La demande est gratuite et ne passe que par impots.gouv.fr. Les arnaques aux fausses plateformes fleurissent à chaque nouvelle aide : méfiez-vous des SMS et des mails qui promettent un versement immédiat.