Dimanche 25 octobre, à Orléans, Marine Le Pen a officiellement lancé sa campagne pour la présidentielle de 2027. Devant 8 500 partisans, elle a promis de « rétablir l’État de droit », parlé de « renaissance » et placé la sécurité au centre de son discours, au lendemain d’une journée de manifestations dans tout le pays.

Dimanche 25 octobre, à Orléans, le lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen a pris la forme d’un meeting de plus d’une heure, en clôture du congrès du Rassemblement national. Les organisateurs comptent 8 500 partisans dans la salle. Des drapeaux tricolores, des chants « On va gagner », et une candidate de 58 ans qui se présente comme la favorite des sondages, à six mois d’une élection où Emmanuel Macron ne peut pas se représenter.

Orléans n’a rien d’un hasard : c’est la ville de Jeanne d’Arc, qui a levé le siège anglais en 1429, un symbole que le parti revendique.

Lancement de la campagne présidentielle à Orléans : ce que ça change pour vous

Commençons par ce qui ne change pas. Un discours de campagne ne crée aucune loi, ne verse aucune aide et ne modifie aucune règle. Les promesses entendues dimanche ne s’appliqueront que si Marine Le Pen gagne l’élection, au printemps 2027. Voici, en revanche, ce qu’elles annoncent, chiffré quand un chiffre a été donné.

  • Combien : une baisse de 11 milliards d’euros par an de la contribution française à l’Union européenne, promise dans le cadre d’un bras de fer avec Bruxelles. Sur les impôts des entreprises, la candidate promet une baisse, sans montant précisé dimanche. Sur les retraites, elle promet de ne pas relever davantage l’âge de départ.
  • Quand : l’élection présidentielle aura lieu au printemps 2027, avec un second tour attendu début mai. Avant cela, une date pèse sur la campagne : la Cour de cassation pourrait statuer d’ici début avril 2027 sur son dernier recours.
  • Qui est concerné : tous les électeurs inscrits sur les listes électorales. Les promesses sur la sécurité, les frontières et les impôts toucheraient, si elles étaient appliquées, l’ensemble des habitants, pas seulement les sympathisants du parti.
  • Que faire : aucune démarche ne découle de ce discours. La seule chose à retenir pour l’instant, c’est le calendrier : la décision de justice d’abord, puis la campagne, puis le vote.

Un discours d’une heure, construit autour d’un mot : « renaissance »

Marine Le Pen n’a pas choisi le ton de la rupture brutale. « Nous ne vivons pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, leur monde », a-t-elle lancé à ses partisans, en visant ses adversaires politiques. Puis elle a posé son mot d’ordre : « Nous ne disons pas : c’était mieux avant. Nous disons : c’était bien avant et ce sera mieux demain. »

Elle s’est présentée comme une candidate de protection, pas de révolution. « Un vrai changement de pouvoir », a-t-elle dit, pour une « renaissance » du pays.

« C’était bien avant et ce sera mieux demain. »

À ses côtés, Jordan Bardella, réélu président du parti sans concurrent, et Éric Ciotti, chef de l’Union des droites pour la République, son alliée. Le RN revendique environ 112 000 adhérents, contre moins de 37 000 en 2022.

La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, dans la ville où Marine Le Pen a lancé sa campagne La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. La ville, liée à Jeanne d’Arc, a accueilli le congrès du Rassemblement national tout le week-end.

Sécurité, frontières, Union européenne : les promesses passées en revue

La sécurité arrive en premier. Marine Le Pen a promis la « tolérance zéro » et fait de la sécurité « le premier devoir de l’État », en pointant les pillages en marge des manifestations du 17 octobre.

Sur l’immigration : rétablir les contrôles aux frontières, expulser automatiquement les délinquants étrangers, s’attaquer aux réseaux et aux trafiquants de drogue. Sur l’Europe : pas de sortie de l’Union, mais un référendum sur la primauté du droit européen en matière migratoire, et 11 milliards d’euros de contribution en moins par an.

Sur l’économie, le discours reste plus général : maîtrise des dépenses, baisse des impôts pour les entreprises. Elle a aussi défendu un gouvernement d’union nationale dirigé par Jordan Bardella.

Un sondage à 32-33,5 %, et une épée judiciaire au-dessus de la campagne

Un sondage publié dimanche la place à 32-33,5 % au premier tour, loin devant Jean-Luc Mélenchon, crédité de 17 %. Ces chiffres expliquent le ton du meeting : une favorite qui cherche à rassurer au-delà de son camp.

Reste une incertitude. En juillet, une cour d’appel a confirmé sa condamnation pour détournement de fonds européens, tout en lui permettant de se présenter. Son dernier recours devant la Cour de cassation est pendant, et la mesure de bracelet électronique a été suspendue.

Samedi, plus de 400 000 personnes avaient manifesté dans le pays contre la vie chère, selon le ministère de l’Intérieur, et plus de 1 300 personnes ont été interpellées pendant le week-end.

Un électeur glisse son bulletin dans l’urne, carte électorale en main L’élection présidentielle aura lieu au printemps 2027. Aucune promesse faite dimanche à Orléans ne change quoi que ce soit avant le vote.

Reste à voir si ces promesses résisteront à la justice, aux débats de la campagne et, au bout, au vote.