L’annonce est tombée samedi 31 octobre, à l’arrivée du cortège parisien. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à bloquer les lycées et les universités mardi 3 novembre, puis de nouveau jeudi 5 novembre. Lundi 2 novembre, jour de rentrée, les élèves sont invités à se réunir en assemblée générale pour organiser ces blocages. Pour les familles, la semaine qui s’ouvre ne ressemblera pas à une semaine normale.
Les lycées bloqués mardi 3 novembre, c’est l’annonce que les organisations de jeunesse ont faite samedi 31 octobre, en marge de l’acte III de la mobilisation contre la vie chère. À Paris, le cortège s’était élancé de la porte de Bagnolet vers la porte de Charenton, après que le Conseil d’État eut confirmé le parcours imposé par la préfecture. C’est à l’arrivée que les porte-parole lycéens et étudiants ont pris la parole. Le message était bref, et il visait la rentrée.
Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a appelé à bloquer les lycées et les universités mardi 3 et jeudi 5 novembre, pour montrer, selon ses mots, la légitimité des revendications. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a ajouté que les lycéens étaient invités lundi à s’organiser en assemblée générale, pour mieux bloquer ensuite mardi, mercredi, jeudi, vendredi, et autant qu’il le faudra. L’Unef s’est jointe à l’appel, d’après le compte rendu de l’AFP.
Lycées bloqués mardi 3 novembre : ce que ça change pour vous dès lundi
Quand ? Lundi 2 novembre, les établissements rouvrent après les vacances de la Toussaint. Les organisations appellent à tenir ce jour-là des assemblées générales, sans blocage généralisé annoncé pour lundi même. Mardi 3 novembre, premier jour de blocage appelé. Jeudi 5 novembre, deuxième jour, le même jour que la grève interprofessionnelle et les manifestations à l’appel de l’intersyndicale. Samedi 7 novembre, un acte IV est annoncé, et la coordination des gilets jaunes appelle à poursuivre le mouvement les 6 et 7 novembre.
Qui est concerné ? Les lycéens et les étudiants d’abord, leurs parents ensuite, et les enseignants qui devront gérer des classes incomplètes ou des établissements fermés. Un blocage ne touche jamais un établissement de la même façon qu’un autre. Tout se décidera localement, établissement par établissement, parfois le matin même.
Que faire ? Lundi soir, vérifiez les messages de l’établissement : ENT, Pronote, mail de la vie scolaire. Mardi matin, ne partez pas sans avoir vérifié si les grilles sont bloquées ou si des cours à distance ont été mis en place. Si votre enfant ne peut pas entrer alors qu’il voulait suivre ses cours, prévenez la vie scolaire rapidement, par téléphone puis par écrit, en précisant l’heure et l’obstacle rencontré.
Des élèves rassemblés lors d’un blocus au lycée Carnot, à Paris, le 1er octobre 2026.
Pourquoi ils bloquent, et ce que le gouvernement a déjà annoncé
Le mouvement lycéen et étudiant a démarré à la mi-septembre dans un lycée de Créteil. Il porte sur les moyens de l’Éducation nationale, les classes surchargées, les professeurs absents non remplacés et les conditions d’étude. Les organisations jugent que les annonces faites lundi 26 octobre par les ministres Philippe Baptiste et Edouard Geffray ne suffisent pas. Parmi ces annonces, le remplacement de Parcoursup en 2028 et le plafonnement des classes de seconde. Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef, a estimé sur BFMTV que ces annonces ne convainquaient ni les lycéens ni les étudiants, ni même les enseignants.
Le gouvernement, lui, a rappelé une ligne rouge. Sur France 2, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a défendu le droit à étudier et affirmé que le droit au blocage n’existait pas. Le ministère a par ailleurs demandé que l’enseignement bascule à distance là où un blocage empêche d’accueillir les élèves en sécurité, au cas par cas, sans fermeture automatique de tous les établissements concernés.
« Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre à l’appel des travailleurs et travailleuses. »
Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, samedi 31 octobre.
Que risque un élève absent pendant un blocage ?
La question revient dans chaque famille, et la réponse n’est pas automatique. Un blocus ne figure pas parmi les motifs légitimes d’absence énumérés par l’article L. 131-8 du code de l’éducation, qui cite notamment la maladie, les réunions solennelles de famille et les difficultés accidentelles de communication. Un élève qui rejoint volontairement un blocage alors que ses cours restent accessibles peut donc voir son absence enregistrée comme injustifiée.
La situation change quand l’empêchement est subi. Si un élève veut entrer et ne le peut pas, cet empêchement peut être pris en compte, à condition de prévenir vite la vie scolaire et d’expliquer les faits. Dès 4 demi-journées d’absence non justifiée dans le même mois, l’établissement doit signaler la situation à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale. Aucun texte ne prévoit de droit automatique au rattrapage des cours manqués pendant un blocage, sauf si l’établissement organise lui-même une continuité pédagogique.
Des étudiants dans un cortège parisien, lors d’une mobilisation pour l’éducation.
La semaine qui s’annonce, jour par jour
- Lundi 2 novembre : rentrée des vacances de la Toussaint, assemblées générales dans les lycées et les universités pour décider des blocages.
- Mardi 3 novembre : premier jour de blocage appelé par l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante.
- Jeudi 5 novembre : nouveau blocage, puis manifestations à l’appel de l’intersyndicale, dans le cadre de la journée de grève nationale.
- Samedi 7 novembre : acte IV annoncé, avec un appel de la coordination des gilets jaunes à poursuivre le mouvement les 6 et 7 novembre.
Samedi 31 octobre, l’acte III avait réuni 320 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, près de 500 000 selon l’intersyndicale jeunesse, sous la surveillance de 70 000 policiers et gendarmes. Les organisations de jeunesse ont choisi de ne pas attendre le bilan de cette journée pour fixer la suite. La réponse se jouera d’abord lundi matin, devant les grilles des lycées et des universités.
