Vendredi 23 octobre, à 15 heures, Emmanuel Macron a reçu pour la première fois des représentants lycéens à l’Élysée. Trois heures de discussion plus tard, il promettait de changer Parcoursup et de réformer la démocratie scolaire. Les organisations, elles, sont ressorties sans se dire convaincues.

C’était une première. Vendredi 23 octobre, à 15 heures, Emmanuel Macron a ouvert les portes de l’Élysée à des représentants lycéens. Jamais, depuis le début de la mobilisation mi-septembre, le président ne les avait reçus en personne. Autour de la table : Renouveau Lycéen, Les Lycéens !, l’Union syndicale lycéenne et des représentants des conseils académiques de la vie lycéenne. Trois heures plus tard, les délégués sortaient avec une promesse : Parcoursup va changer, et la démocratie scolaire sera réformée. Pas de quoi, pour l’instant, les faire rentrer dans les rangs.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Pour les lycéens, surtout les terminales, et leurs parents, la rencontre de vendredi ne change encore rien sur le papier. Aucune mesure n’a été annoncée à la sortie. Voici ce qui est acté, et ce qui reste en suspens.

  • Combien : le budget 2027 prévoit 1,1 milliard d’euros supplémentaires pour l’Éducation nationale. Le gouvernement a déjà annoncé 3 000 professeurs remplaçants en renfort. Les lycéens, eux, réclament un plan d’urgence de 1,5 milliard pour les bâtiments, et les syndicats parlent de 10 milliards pour l’éducation.
  • Quand : lundi, les organisations lycéennes sont reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu. C’est là que les premières décisions doivent tomber, sur les effectifs, les remplacements et Parcoursup.
  • Qui est concerné : tous les lycéens, et en premier lieu les terminales, qui passeront par Parcoursup dans les prochains mois. Les parents d’élèves suivent aussi le dossier de près, puisque la procédure conditionne l’entrée dans le supérieur.
  • Que faire : rien d’immédiat. La procédure Parcoursup actuelle n’est pas modifiée pour l’instant. Le point d’attention, c’est lundi : les annonces de Matignon diront si la promesse de vendredi se traduit en mesures.

Trois heures à l’Élysée : ce qui s’est vraiment dit

La rencontre avait été annoncée par la présidence comme un moment d’écoute. À la sortie, les représentants ont décrit un président attentif. Nathanaël Combary, président de Renouveau Lycéen, a résumé la position de son organisation : les demandes restent les mêmes, les bâtiments d’abord, Parcoursup ensuite. Pierre Sourzat, à la tête des Lycéens !, s’est montré sceptique. Le verdict, à l’issue des trois heures, tient en une phrase : les lycéens ne se disent pas satisfaits, et la mobilisation continue.

La cour du palais de l’Élysée, à Paris La cour du palais de l’Élysée, où Emmanuel Macron a reçu les organisations lycéennes vendredi 23 octobre.

Ce que demandent les lycéens, point par point

Le mouvement dure depuis la mi-septembre. Il est né dans les lycées, autour de griefs concrets : des professeurs absents et non remplacés, des classes qui dépassent parfois 40 élèves, des bâtiments dégradés. Les revendications tiennent en cinq points.

  • Un plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros pour rénover les établissements avant l’hiver et l’été.
  • Une refonte complète de Parcoursup, jugée opaque et discriminante par les organisations.
  • 10 milliards d’euros supplémentaires pour l’éducation, demandés avec les syndicats.
  • Des postes d’enseignants pérennes, plutôt que des contrats précaires.
  • 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.

Face à ces demandes, le gouvernement a jusqu’ici répondu par petites touches : 3 000 remplaçants, une consultation en ligne, 1,1 milliard dans le budget 2027.

Trois heures de discussion, une promesse de réforme, et une mobilisation qui ne s’arrête pas : vendredi n’a rien réglé, il a seulement ouvert une séquence.

Des lycéens en classe, dans un lycée français Des lycéens en classe. Classes surchargées, professeurs absents : les griefs portent sur le quotidien des établissements.

Et maintenant ? Lundi, le rendez-vous qui compte

Le prochain acte se joue lundi à Matignon, où les organisations lycéennes rencontrent Sébastien Lecornu. Le gouvernement doit y présenter ses premières décisions sur les effectifs, les remplacements et Parcoursup. C’est ce rendez-vous, plus que celui de vendredi, qui dira si la promesse présidentielle a un contenu.

Sur Parcoursup, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a déjà posé un cadre : pas question de supprimer la plateforme, mais des changements substantiels sont possibles. Les terminales de cette année regardent donc lundi avec une attention particulière : toute réforme annoncée maintenant mettra des mois à se traduire dans la procédure.

Pourquoi Parcoursup cristallise la colère

Parcoursup existe depuis 2018. La plateforme a remplacé l’ancien système Admission Post-Bac, et son tirage au sort, par un classement des candidatures par les formations. Dix vœux par candidat, des réponses au compte-gouttes, des critères jugés illisibles : pour beaucoup de lycéens, la procédure est devenue le symbole d’un système qui trie sans expliquer.

Le ministère, de son côté, met en avant ses chiffres : en 2025, 94 % des nouveaux bacheliers inscrits sur la plateforme auraient reçu au moins une proposition. C’est ce fossé, entre les statistiques officielles et le vécu des élèves, que la réforme promise vendredi devra combler pour être crédible.

Lundi, à Matignon, les lycéens attendent des actes. Faute de quoi, ils l’ont dit vendredi en sortant de l’Élysée : la mobilisation continue, et le 5 novembre, journée intersyndicale, approche à grands pas.