Samedi 31 octobre, le mouvement ne défilera pas comme les deux samedis précédents. La coordination des gilets jaunes appelle à des rassemblements immobiles, à 14 heures, devant l’Assemblée nationale et devant les mairies de France. 355 actions sont déjà recensées sur sa carte. Reste une inconnue de taille : à Paris, aucun rassemblement n’a encore été officiellement encadré par la préfecture.

La manifestation 31 octobre 2026 a pris forme samedi, en marge du deuxième samedi de mobilisation. L’appel a été lu sur les marches de l’Opéra Bastille, puis présenté à la presse place de la Bastille par Benjamin Ball et Azelma Sigaux, selon Brut citant l’AFP. La vie chère reste au cœur des revendications, mais ce troisième rendez-vous se présente d’abord comme une défense du droit de manifester, après les interdictions de parcours et les couvre-feux décidés dans plusieurs villes.

Ce que ça change pour vous : dates, lieux, démarches

Samedi 31 octobre à 14 heures : c’est l’heure et le format à retenir. Des rassemblements et des sit-in sont appelés devant l’Assemblée nationale, à Paris, et devant les mairies partout en France. La veille, vendredi 30 octobre, des concerts de casseroles sont prévus de 18 heures à 21 heures devant l’Assemblée, et à 19 heures dans tout le pays, devant les mairies, aux fenêtres et dans les rues.

Qui est concerné ? L’appel s’adresse aux manifestants des deux premiers samedis, ainsi qu’aux lycéens, étudiants, salariés, agriculteurs et retraités. Que faire si vous voulez y aller, ou simplement circuler ce jour-là ? Vérifiez la carte participative de la coordination, qui recense déjà 355 actions annoncées, puis les arrêtés de votre préfecture et les informations trafic de votre réseau local.

Que prévoit l’appel du 31 octobre ?

Le programme tient en quatre temps : casseroles le vendredi 30 octobre au soir, sit-in le samedi 31 à 14 heures devant l’Assemblée et les mairies, rencontre nationale du mouvement du 26 septembre en visioconférence les 31 octobre et 1er novembre, puis « 5 novembre pour le peuple » le jeudi 5 novembre, avec un appel à une grève reconductible et à des blocages.

Le format, lui, change. À la place d’une longue marche, la coordination mise sur des rassemblements statiques. Ses revendications pour ce samedi : la levée des couvre-feux, l’amnistie des manifestants interpellés, des enquêtes sur les violences attribuées aux forces de l’ordre et une convention générale réunissant tous les secteurs mobilisés.

« Nos libertés sont attaquées », ont déclaré Benjamin Ball et Azelma Sigaux en appelant à se rassembler de nouveau le 31 octobre.

Un cortège dans une rue de Paris (photo d’illustration) Un cortège dans Paris (photo d’illustration, archives).

Où se tiendront les rassemblements à Paris ?

À Paris, la carte participative fait apparaître des sit-in envisagés devant plusieurs mairies d’arrondissement : Paris Centre, puis les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements. Cette carte est alimentée par les participants eux-mêmes. Elle indique une tendance, pas un programme arrêté.

La prudence s’impose donc. Dimanche, selon les informations disponibles, aucun rassemblement du 31 octobre n’avait encore été officiellement encadré par la préfecture de police. Le lieu et la forme peuvent encore être déplacés, imposés ou interdits par arrêté, comme le 24 octobre : le parcours Bastille-Nation avait été interdit, la préfecture avait imposé un itinéraire de la porte d’Italie à la porte de Vincennes, après le rejet du recours des organisateurs par le tribunal administratif.

Que s’est-il passé le 24 octobre ?

Le 24 octobre donne la mesure de ce qui se joue. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 410 000 personnes ont manifesté dans toute la France, dont 110 000 à Paris selon la préfecture de police. La CGT en revendique près de 800 000, dont 250 000 dans la capitale. Le bilan provisoire publié dimanche fait état de 1 314 interpellations, de 53 membres des forces de l’ordre blessés, de 24 commerces pillés et de 75 interventions pour des incendies. À Paris, 142 personnes ont été interpellées, dont 120 placées en garde à vue, selon franceinfo.

Le palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale à Paris (photo d’illustration) Le palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale à Paris (photo d’illustration).

Les lycéens seront-ils au rendez-vous ?

Les lycéens sont l’autre moteur du mouvement, né à la mi-septembre. Ils sont en vacances de Toussaint jusqu’au 2 novembre. Aucun appel lycéen pour le 31 octobre n’avait été repéré dimanche, mais SUD éducation invite les personnels à soutenir les initiatives lycéennes. Vendredi 23 octobre, des représentants lycéens ont été reçus par Emmanuel Macron à l’Élysée, et des annonces du Premier ministre sont attendues ce lundi 26 octobre.

Transports : faut-il s’attendre à des fermetures ?

Aucune fermeture n’a été annoncée pour le 31 octobre. Le 24 octobre donne un aperçu de ce qu’un dispositif de sécurité peut produire à Paris : 24 stations de métro fermées dès 9 heures, la ligne 12 interrompue entre Madeleine et Notre-Dame-des-Champs, une partie du tramway T3 suspendue et une quinzaine de lignes de bus déviées.

Si des rassemblements se confirment devant l’Assemblée nationale, un périmètre similaire pourrait être remis en place : stations Assemblée nationale, Solférino, Invalides ou Concorde fermées une partie de la journée, et possibles fermetures du quai d’Orsay ou du pont de la Concorde aux voitures. Tout cela reste conditionnel : vérifiez les arrêtés de la préfecture de police et les informations trafic de la RATP avant de partir samedi.

L’Hôtel de Ville de Paris (photo d’illustration) L’Hôtel de Ville de Paris (photo d’illustration).

Et après le 31 octobre ?

Dans l’esprit de ses organisateurs, le 31 octobre prépare surtout le 5 novembre. Ce jeudi-là, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU appelle à une journée de grève interprofessionnelle, et les principaux syndicats de la SNCF appellent aussi à la grève. Les mesures pour samedi seront généralement connues la veille, ou le matin même.