Ce lundi matin, une cinquantaine de camions ont roulé au pas sur l’A7, entre Cavaillon et le péage de Lançon-de-Provence. À bord, des transporteurs routiers qui disent tous la même chose : le plein de gazole a doublé, et ça ne passe plus.

L’opération escargot des transporteurs routiers contre la hausse du gazole a démarré ce lundi 12 octobre au petit matin sur l’A7. Une cinquantaine de poids lourds, partis de Châteaurenard vers 7 heures et de Vitrolles un peu plus tard, ont convergé vers 9 heures vers le péage de Lançon-de-Provence, dans les deux sens. Organisée avec l’accord de la préfecture, l’action devait durer jusqu’en début d’après-midi, avec une voie ouverte aux automobilistes au péage.

Opération escargot des transporteurs : que s’est-il passé sur l’A7 ce lundi ?

Le dispositif était rodé. Un premier convoi a quitté Châteaurenard à l’aube, emprunté le réseau départemental avant de rejoindre l’A7 à l’échangeur de Cavaillon, en direction de Marseille. Un second est parti de Vitrolles. Les deux colonnes se sont retrouvées au péage de Lançon-de-Provence, où une action au péage suivait l’opération escargot, toujours dans les deux sens de circulation.

Radio Vinci Autoroutes précisait qu’aucune fermeture officielle ni déviation n’avait été annoncée par la préfecture, et qu’une voie restait accessible aux automobilistes au péage. Des taxis et des ambulanciers pouvaient se joindre au mouvement, sans confirmation à cette heure. Bref : la zone Cavaillon, Salon-de-Provence, Lançon restait fortement perturbée jusqu’en début d’après-midi.

Une barrière de péage sur une autoroute française Le péage de Lançon-de-Provence, point de convergence des deux convois ce lundi matin. (Photo d’illustration : Raimond Spekking / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

« 400 euros, 900 euros » : le plein qui a doublé

Le chiffre qui a tout déclenché, c’est celui du plein. Ibrahim, porte-parole du collectif, le résume ainsi sur BFMTV.

« Avant, un plein coûtait entre 400 et 500 euros. Aujourd’hui, il est passé à 900 euros pour 400 litres de gazole. » — Ibrahim, porte-parole du collectif, interrogé par BFMTV

Un réservoir pouvant contenir jusqu’à 800 litres, la facture mensuelle des transporteurs a tout simplement explosé. Pour les petites et moyennes entreprises du secteur, dont les marges sont déjà minces, c’est la trésorerie qui est en jeu. Et les automobilistes ne sont pas épargnés : le litre de gazole coûtait en moyenne 2,372 euros début octobre, soit 72,9 centimes de plus qu’il y a un an, selon les relevés de carburantpascher.fr. Entre août 2025 et août 2026, le prix a bondi de 46 % pour le secteur des marchandises, d’après le Comité national routier.

Une station-service française affichant les prix des carburants à la pompe À la pompe, le gazole dépassait encore 2,30 euros le litre en moyenne début octobre. (Photo : Tabl-trai / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Que réclament les transporteurs ?

Deux choses, très concrètes. D’abord une baisse rapide des prix du gazole. Ensuite, être reçus au ministère des Transports : les manifestants regrettent que les discussions soient aujourd’hui réservées aux syndicats, alors que leur collectif rassemble des indépendants et des PME.

Le gouvernement a déjà fait un geste. Mercredi 8 octobre, le Premier ministre annonçait la libération de 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques, avec une baisse de 12 à 18 centimes promise à la pompe — on vous en détaillait le calcul ici. Mais pour les manifestants de ce lundi, cela ne suffit pas : la baisse tarde à se voir sur les panneaux, et les factures, elles, continuent d’arriver.

Ce que ça change pour vous, ce lundi

  • Circulation : évitez l’A7 entre Cavaillon, Salon-de-Provence et Lançon-de-Provence ce matin. Une seule voie reste ouverte au péage de Lançon, dans les deux sens. Prévoyez des retards jusqu’en début d’après-midi.
  • À la pompe : la baisse de 12 à 18 centimes annoncée le 8 octobre ne s’est pas encore traduite sur les affichages. Les distributeurs doivent d’abord écouler les stocks achetés cher avant d’afficher les nouveaux prix.
  • Les aides : l’aide aux « grands rouleurs » de 100 euros pour octobre-décembre 2026, élargie à 5,5 millions de Français, exclut les transporteurs professionnels et n’est pas cumulable avec les aides exceptionnelles du secteur.

Et la suite ?

Ce lundi n’est qu’un début. Sur les réseaux sociaux, un mot d’ordre circule déjà pour le samedi 17 octobre, avec le spectre des gilets jaunes en arrière-plan : 88 % des Français estiment que la flambée des carburants pourrait provoquer un mouvement similaire, selon un sondage Odoxa pour Le Figaro. De son côté, l’OTRE et la Fédération des autocaristes indépendants ont appelé à une mobilisation nationale à Paris à partir du 21 octobre.

Ce lundi matin, sur l’A7, une cinquantaine de camions roulaient au pas pour dire qu’à ce rythme-là, ce sont leurs entreprises qui risquent de s’arrêter.

Sources : BFMTV (via Anadolu Ajansı), Radio Vinci Autoroutes, carburantpascher.fr, L’Automobiliste, Le Figaro, Le Journal du Net.