Le gouvernement ne supprimera pas Parcoursup, mais il promet de le changer. En plein mouvement lycéen, Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres des « améliorations » avant la fin octobre, pile pour la campagne 2027. Si vous êtes en terminale, c’est maintenant que ça se joue.
Les changements Parcoursup 2027 sont à l’ordre du jour, et ils arrivent plus vite que prévu. Le mouvement lycéen, parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil le 21 septembre, a fait de la plateforme sa cible numéro un. Mardi 6 octobre, Sébastien Lecornu répondait devant l’Assemblée nationale : « tout ce qu’on peut corriger » dans Parcoursup, « nous le corrigerons », avec des décisions avant la fin du mois.
La semaine qui a tout accéléré
21 septembre. Le mouvement démarre à Créteil. Parcoursup devient vite l’un des slogans des cortèges : « Stop Parcoursup », « Parcoursup : machine à tri social » fleurissent sur les pancartes.
4 octobre. Sébastien Lecornu adresse sa « feuille de route » aux ministres : cinq chantiers, dont l’amélioration de Parcoursup pour la session 2027, avec des propositions attendues avant la fin octobre.
6 octobre. Devant les députés, le Premier ministre promet des corrections sur la « transparence » et la « simplicité » du dispositif, tout en réaffirmant son refus de le supprimer. Le même jour, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon défend sur France 2 un système « qui fonctionne », jugeant sa suppression « une solution de facilité ».
7 octobre. Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste monte le ton sur BFM. L’abrogation de Parcoursup serait une « immense démagogie », lance-t-il : « J’entends quelques politiques qui proposent de supprimer Parcoursup. Je pense qu’en disant ça, ils prennent vraiment les lycéens pour des truffes. »
9 octobre. Le Monde publie une enquête sur cette colère : les organisations lycéennes réclament « dix mesures d’urgence », dont la fin de la sélection via la plateforme et la création de « 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur dès la prochaine rentrée ».
Ce que ça change pour vous
Si vous passez le bac en 2027, voici les quatre points que le gouvernement veut faire bouger avant l’ouverture des vœux.
1. Des critères de sélection lisibles. C’est la revendication numéro un. Aujourd’hui, les formations affichent leurs critères, mais beaucoup de familles ne comprennent pas comment les commissions d’examen des vœux classent les dossiers. Le gouvernement veut que chaque candidat puisse identifier le poids réel des notes, des spécialités et du reste du dossier.
2. Des refus expliqués. Recevoir un « non » sans comprendre pourquoi, c’est ce que dénoncent le plus les lycéens. L’exécutif demande que les réponses négatives et les places en liste d’attente soient mieux motivées.
3. Des outils démystifiés. Les algorithmes locaux de classement utilisés par certaines formations pour ordonner les candidatures resteront, mais leur rôle devra être expliqué aux familles. La transparence est promise, pas la suppression de la sélection.
4. Un accompagnement renforcé. Les ministres reconnaissent eux-mêmes que la plateforme et l’orientation « restent difficiles à maîtriser pour les familles qui connaissent moins bien l’enseignement supérieur ». Des renforts sur l’accompagnement sont prévus après les vacances de la Toussaint.
Les terminales de la session 2027 seront les premiers à bénéficier des améliorations promises.
« On donne tout, tout ça pour qu’un logiciel détermine notre vie. » Deux lycéennes de première, croisées devant leur établissement parisien, résument un sentiment partagé par des milliers d’élèves.
Un point à ne pas oublier : le contexte reste tendu. En juillet dernier, environ 130 000 élèves étaient sans affectation à l’issue de la phase principale, d’après les chiffres cités par l’AFP. C’est ce chiffre qui nourrit la méfiance.
La plateforme Parcoursup est devenue l’un des symboles du mouvement lycéen.
Parcoursup va-t-il être supprimé en 2027 ?
Non, pas pour la prochaine campagne. Le gouvernement s’y oppose frontalement : Édouard Geffray craint un retour de « l’assignation sociale et territoriale » si le système centralisé disparaissait, les formations choisissant alors leurs candidats selon leur lycée d’origine.
La suppression reste en revanche une promesse électorale. Plusieurs candidats à la prochaine présidentielle la réclament, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, et une proposition de loi déposée en février 2026 n’a pas été adoptée.
Parcoursup 2027 : quels changements pour votre dossier ?
En parallèle du débat national, les écoles font déjà évoluer leurs propres règles, et ça compte autant que les annonces de Matignon.
Le concours ACCÈS (IÉSEG, ESSCA, ESDES) supprime ses épreuves écrites dès 2027 : synthèse de documents, anglais, maths en QCM, tout disparaît. La sélection se fera sur dossier Parcoursup approfondi, notes des épreuves anticipées, fiche Avenir et contrôle continu, avec des oraux maintenus. Les écoles citent le stress des candidats et le constat que les entrés sans écrits en 2020 s’en sont très bien sortis.
Sciences Po Paris rebat aussi les cartes : le contrôle continu disparaît de la note chiffrée du dossier. Elle reposera sur les épreuves anticipées, 60 % pour l’écrit de français, 30 % pour les mathématiques, 10 % pour l’oral de français. Les écrits personnels restent demandés mais ne sont plus notés.
La leçon pour les terminales : votre dossier, et en particulier les épreuves anticipées, pèse de plus en plus lourd.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Surveillez les annonces fin octobre. C’est la date butoir fixée par Lecornu aux ministres : les premières améliorations concrètes seront connues à ce moment-là, avant l’ouverture des vœux en janvier.
- Demandez à votre professeur principal les critères des formations visées. Les rapports publics d’examen des vœux sont déjà accessibles : lisez-les pour comprendre ce que chaque formation regarde vraiment.
- Soignez la fiche Avenir. Avec la bascule vers la sélection sur dossier dans de plus en plus d’écoles, les appréciations de vos enseignants deviennent un levier majeur.
- Ne mettez pas tous vos vœux au même niveau de risque. La phase complémentaire reste ouverte, mais viser aussi des formations avec des taux d’admission réalistes reste la meilleure assurance.
La bataille sur Parcoursup n’est pas finie. Mais pour la première fois, le calendrier joue pour les élèves : les promesses de cette semaine devront se transformer en règles concrètes avant que les terminales ne fassent leurs vœux. C’est dans les prochaines semaines que tout se joue.
