Vous sortez ce mardi ou ce mercredi à Paris, à Nanterre, à Bobigny ou à Créteil ? Videz vos poches d’abord. Quatre arrêtés de la préfecture de police courent jusqu’au 28 octobre inclus, et ils visent bien plus que les armes à feu.
L’interdiction des armes à Paris pour les 27 et 28 octobre ne tombe pas seule. Elle arrive dans un paquet de quatre arrêtés signés le 26 octobre par la préfecture de police, pour la capitale et la petite couronne, jusqu’au mercredi 28 octobre inclus.
Ce que ça change pour vous
Combien ? Quatre arrêtés, quatre départements : Paris, les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94). Et un rayon de 100 mètres autour des lycées et des établissements d’enseignement supérieur, où une quatrième interdiction s’applique.
Quand ? Du mardi 27 au mercredi 28 octobre inclus. Au-delà, rien n’est acquis : ces mesures sont reconduites ou ajustées au jour le jour, selon l’évolution de la situation.
Qui est concerné ? Toute personne qui se déplace dans ces quatre départements. Les exceptions visent les porteurs autorisés dans le cadre de leurs fonctions, les chasseurs et les tireurs sportifs qui se rendent à leur activité, et les professionnels qui transportent un outil de travail, comme un artisan ou un cuisinier avec ses couteaux.
Que faire ? Laisser à la maison tout objet qui peut blesser ou menacer. Si un motif professionnel vous oblige à transporter un tel objet, gardez sur vous un justificatif et rangez l’objet de façon à ce qu’il ne soit pas immédiatement accessible.
Des policiers face à un cortège dans une rue de Paris : les contrôles portent aussi sur les objets du quotidien.
Armes interdites à Paris : les 4 arrêtés du 26 octobre
Le 2026-01455 interdit le port et le transport d’armes et d’objets pouvant servir d’arme, sans motif légitime. Le 2026-01453 restreint l’achat, la détention, le port et le transport de certaines catégories d’artifices. Le 2026-01454 interdit le transport et la distribution de carburant en récipient individuel, sauf exemption prévue par le texte. Le 2026-01456 interdit le port d’équipements de protection destinés à faire échec aux forces de l’ordre, lors des cortèges et rassemblements, dans un rayon de 100 mètres autour des lycées et des établissements d’enseignement supérieur.
Ces mesures prolongent celles qui couraient jusqu’au 26 octobre (artifices 2026-01409, carburant 2026-01410, armes 2026-01411).
Que risque-t-on avec un objet du quotidien ?
Le droit français connaît l’arme par destination (article 132-75 du code pénal) : un objet ordinaire devient une arme dès lors qu’il est utilisé, ou destiné à être utilisé, pour blesser ou menacer. Un panneau de signalisation, cité par France 3 Paris Île-de-France à propos d’arrêtés précédents, peut ainsi entrer dans cette catégorie, et l’appréciation revient pour une part aux forces de l’ordre sur place.
Un objet du quotidien peut devenir une arme aux yeux de la loi, dès lors qu’il sert à blesser ou à menacer.
Les cas les plus nets restent les couteaux, les bombes lacrymogènes et les matraques. Ils relèvent de la catégorie D, et leur port sans motif légitime est déjà interdit en temps normal, comme le rappelle service-public.fr. Les sanctions dépendent de la catégorie de l’objet et des circonstances. Aucun montant unique ne s’applique à tous les cas, et c’est précisément pour cela que le réflexe le plus sûr reste de ne rien transporter du tout.
La place de la République, à Paris, souvent au centre des rassemblements : un couvre-feu local s’y est appliqué dans la nuit de lundi à mardi.
Pourquoi la préfecture sort-elle ces arrêtés maintenant ?
La préfecture justifie sa décision par les incidents et les blocages constatés depuis plusieurs semaines devant des lycées de Paris et de petite couronne, dans un mouvement qu’elle décrit comme en extension et en durcissement, nourri notamment par les protestations contre la vie chère. L’arrêté cite 1 583 actions recensées et 1 347 interpellations depuis le début du mouvement. Il rappelle aussi les émeutes urbaines du samedi 17 octobre, poursuivies le lendemain dans la capitale, avec des affrontements et des pillages place de la République et dans le 11e arrondissement.
Plusieurs organisations lycéennes et étudiantes ont fait savoir qu’elles entendaient poursuivre le mouvement. Certaines, reçues lundi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ont salué les annonces du gouvernement, mais la plupart appellent à continuer. Le syndicat Les Lycéens ! appelle à une nouvelle manifestation samedi prochain, puis à une mobilisation le 5 novembre, jour de grève interprofessionnelle.
Des CRS déployés dans une rue, près de leurs véhicules : le dispositif de sécurité reste renforcé autour des rassemblements.
Que faire avant de sortir mercredi ?
- Vérifiez poches, sac et coffre : aucun couteau, aucune bombe lacrymogène, aucune matraque, aucun bidon de carburant.
- Si vous transportez un outil pour votre travail, prenez le justificatif qui va avec et rangez l’outil hors de portée immédiate.
- Évitez les abords des lycées avec un équipement de protection, dans un rayon de 100 mètres, pendant les cortèges et les rassemblements.
- Consultez le compte X de la préfecture de police avant de partir : c’est là que les nouveaux arrêtés sont annoncés en temps réel.
- Prévoyez un trajet de repli : des stations peuvent fermer à la demande des autorités.
Mercredi soir, ces quatre arrêtés tombent. Jusque-là, la règle est simple : à Paris et en petite couronne, on sort sans rien qui puisse blesser.