Huit heures ce vendredi matin : le vote pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle de 2027 vient d’ouvrir quand la plateforme de vote est saturée par des robots. La commission assure que le scrutin continue et que les votes ne sont pas compromis. Pendant ce temps, les 140 282 électeurs inscrits doivent encore trancher entre cinq candidats : un seul portera les couleurs de la gauche à la présidentielle de 2027.
La primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027 a ouvert son vote ce vendredi 9 octobre à 8 heures. À peine le scrutin lancé, la plateforme de vote a été saturée par un afflux massif de connexions factices, envoyées par des robots. Certains électeurs n’ont pas pu voter dans la foulée. La commission d’organisation assure pourtant que le vote se poursuit sans coupure et que les bulletins déjà enregistrés sont intacts.
La plateforme de vote de la primaire de la gauche, cible d’une cyberattaque par saturation dès 8 heures ce vendredi.
Une attaque par saturation dès 8 heures, la justice saisie
La méthode est connue : inonder le serveur d’un nombre maximal de connexions simultanées pour empêcher les vrais électeurs d’accéder au vote. C’est exactement ce qui s’est produit vendredi matin. Résultat : une partie des 140 282 électeurs inscrits s’est retrouvée dans l’incapacité de voter, sans que la plateforme soit elle-même interrompue.
La commission d’organisation a réagi dans la journée. Elle affirme que l’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise et dit avoir pris toutes les dispositions pour que chacun puisse exercer son droit de vote. Les formations organisatrices qualifient l’incident de grave et ont saisi la justice.
« L’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise », assure la commission d’organisation du scrutin.
Le vote, entièrement en ligne, se poursuit jusqu’à samedi soir. Le site doit fermer à 20 heures. Selon Le Monde, les résultats devraient être proclamés samedi soir aux alentours de 20 h 25.
Primaire de la gauche : qui sont les cinq candidats ?
Ils sont cinq à briguer la candidature pour l’élection présidentielle de 2027, au sein de l’espace social-démocrate.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, défend le bilan de la direction et plaide pour un rapprochement avec l’ensemble de la gauche, écologistes et communistes compris. Raphaël Glucksmann, eurodéputé et cofondateur de Place publique, que l’AFP présente comme le favori du scrutin, défend une ligne européenne et refuse toute alliance avec La France insoumise. Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne, partage ce refus tout en portant une gauche interventionniste sur le pouvoir d’achat. Emmanuel Maurel, député de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) dans le Val-d’Oise, veut une gauche ancrée à gauche et unie. Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle, compte sur sa notoriété et son ancrage dans l’opinion.
Trois débats télévisés les ont opposés : sur LCI le 23 septembre (700 000 téléspectateurs en moyenne, une audience triplée pour la chaîne), sur France 2 le 1er octobre (près de six millions en audience cumulée) et sur BFMTV le 4 octobre. Les échanges ont surtout révélé une fracture : faut-il construire une alliance large avec La France insoumise ou tracer une route distincte ? Glucksmann et Guedj disent non, fermement. Faure, Royal et Maurel disent oui.
Qui vote, comment, et jusqu’à quand
Le corps électoral dépasse les prévisions. Fin août, les organisateurs espéraient 90 000 votants. Ils seront finalement 140 282, chiffre définitif communiqué par la commission d’organisation dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 octobre.
Pour voter, il fallait s’être inscrit avant le 5 octobre, en adhérant au Parti socialiste, à Place publique ou à la Gauche républicaine et socialiste, ou en cotisant directement à l’association de financement de la primaire via la plateforme choisir2027.fr. La participation coûtait 15 euros, 10 euros pour les personnes sans emploi, les étudiants et les personnes à faibles revenus.
Le vote se déroule uniquement en ligne. Les électeurs ont reçu leurs identifiants par mail le 8 octobre. Les organisateurs indiquent que des points de vote physiques, avec tablettes et isoloirs, sont aussi disponibles via les antennes locales des partis dans les départements.
En pratique, si le site ne répond pas :
- Réessayez quelques minutes plus tard : le scrutin dure jusqu’à samedi 20 heures.
- Vérifiez le mail d’identifiants reçu le 8 octobre, y compris les courriers indésirables.
- Contactez l’antenne locale de votre parti organisateur pour un point de vote physique.
Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second tour aura lieu les 16 et 17 octobre, avec des inscriptions rouvertes jusqu’au 12 octobre. Le candidat désigné sera investi en novembre.
140 282 électeurs participent au vote de la primaire de la gauche, vendredi 9 et samedi 10 octobre.
Ce qui les sépare vraiment : le pouvoir d’achat et la stratégie
Au-delà des postures de campagne, les différences sont nettes. Sur la flambée des prix des carburants, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj veulent plafonner les marges des distributeurs et des raffineurs. Ségolène Royal et Jérôme Guedj proposent de baisser les taxes. Olivier Faure et Raphaël Glucksmann refusent les mesures générales, jugées trop coûteuses, et défendent des aides ciblées comme le chèque énergie. Pour financer ces mesures, Faure, Glucksmann et Maurel réclament la taxation des superprofits pétroliers. Ségolène Royal, hostile aux nouvelles taxes par principe, s’y oppose.
Le rendez-vous de samedi soir dira si cette primaire, née d’une gauche sociale-démocrate en quête de candidat pour 2027, parvient à se donner un visage. Pour l’instant, elle a surtout montré qu’on pouvait s’en prendre à ses urnes avant même d’avoir choisi le nom à y glisser.
