Les grilles sont restées fermées dans 41 lycées ce lundi matin, jour de rentrée après les vacances de la Toussaint. Paris concentre l’essentiel des perturbations, avec au moins sept établissements touchés. Pour les autres, la reprise s’est faite presque normalement. Le contraste entre le chiffre national et les images du matin dit tout de la suite d’un mouvement né à la mi-septembre, qui refuse de s’éteindre.
Les grilles sont restées fermées dans 41 lycées ce lundi 2 novembre, jour de rentrée après les vacances de la Toussaint. Les lycées bloqués 2 novembre à la rentrée ne représentent qu'1 % des établissements, selon le ministère de l’Éducation nationale, qui comptabilisait la situation à 9 h 30. Paris concentre l’essentiel des perturbations, avec au moins sept lycées touchés. Ailleurs, la reprise s’est faite presque normalement. Six semaines après ses débuts, le mouvement est réduit en nombre, mais toujours capable de paralyser des établissements entiers.
Lycées bloqués 2 novembre : le bilan de la matinée
Sur France Inter, lundi matin, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a parlé de blocages « résiduels », « de l’ordre de quelques unités ». Il a recensé « quelques » établissements en Île-de-France, « quelques-uns » dans le Nord et « un ou deux » à Toulouse. Le ministère précisait qu’à 9 h 30, dans les trois quarts des départements, aucune perturbation n’était relevée.
Le ministre a ajouté une nuance qui résume la position du gouvernement depuis le début de la crise :
« La priorité absolue, c’est que les élèves puissent aller en cours. »
Édouard Geffray a aussi rappelé que « ces blocus ne sont pas illégitimes mais ils sont illégaux ».
Dimanche, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens !, avait annoncé la couleur : « Bien sûr qu’on appelle au blocus » et « les lycées seront bloqués dès lundi ». Seule cette organisation avait appelé à bloquer dès lundi ; l’USL et l’Union étudiante ont choisi mardi et jeudi, avec l’Unef, qui a invité les étudiants à s’organiser dès lundi dans les universités.
Ce que ça change pour vous dès ce lundi
Combien ? 41 lycées bloqués sur tout le territoire, soit 1 %. Un chiffre bas, mais qui cache des situations très différentes d’une ville à l’autre, et d’un établissement à l’autre dans la même ville.
Quand ? Ce lundi 2 novembre, dès l’ouverture des grilles.
Qui est concerné ? Les lycéens des établissements bloqués en premier, leurs parents ensuite, et les enseignants, qui doivent gérer des classes incomplètes ou des cours annulés. Les étudiants sont concernés à partir de mardi, avec la « journée noire » annoncée dans les universités.
Que faire ? Ne partez pas sans avoir vérifié les messages de l’établissement : ENT, Pronote, mail ou SMS de la vie scolaire. Si les grilles sont fermées à l’arrivée, prévenez la vie scolaire rapidement, par téléphone puis par écrit, en précisant l’heure et ce que vous avez constaté. Gardez une trace écrite : elle sert si l’absence de votre enfant est discutée ensuite.
Dans 99 % des lycées, les cours ont repris normalement ce lundi matin.
Paris, Marseille, Lille, Toulouse : la carte des blocages
À Paris, au moins sept lycées étaient partiellement ou entièrement bloqués lundi matin : Turgot (3e arrondissement), Charlemagne (4e), Victor Hugo (3e), Sophie Germain (4e), Voltaire (11e), Hélène Boucher (20e) et Colbert (10e). À Hélène Boucher et à Voltaire, le blocage était intégral. Le lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement, a fait l’objet d’une tentative de blocage avortée, selon Le Parisien.
À Marseille, environ sept établissements sur les quelque 75 que compte la ville étaient bloqués lundi matin, d’après des lycéens militants. L’entrée du lycée Montgrand, dans le centre-ville, était barrée par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles. La cité scolaire Marseilleveyre et le lycée Saint-Charles sont aussi cités.
Dans le Nord, La Voix du Nord comptabilisait trois établissements bloqués à Lille. Des poubelles étaient installées devant le lycée Montebello, l’accès au lycée Pasteur était rendu difficile, et les forces de l’ordre sont intervenues au lycée Baggio.
À Toulouse, des élèves ont remonté les « installations de blocage » devant le lycée Berthelot, a constaté un journaliste de l’AFP, et des poubelles faisaient office de barricades devant le lycée Saint-Sernin, selon des photographies de l’agence. Devant le lycée des Arènes, les lycéens affluaient pour empêcher l’accès. À Brest, des élèves ont barré la route devant le lycée Jules-Lesven, où Ouest-France mentionne de « premiers feux de poubelles ». À Lyon, une tentative de blocage du lycée Ampère, dans le 2e arrondissement, a été empêchée par les forces de l’ordre, selon BFM-TV Lyon. Des blocages ont aussi été signalés à Rennes et à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
Pourquoi les lycéens bloquent encore après six semaines
Samedi 31 octobre encore, entre 320 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et 500 000 selon l’intersyndicale jeunesse défilaient en France, dont 70 000 à Paris selon la préfecture de police et 200 000 selon les organisateurs.
Les revendications des organisations lycéennes et étudiantes dépassent la seule question des blocages. L’intersyndicale qui réunit l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante réclame un investissement de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur, ainsi que l’abrogation de Parcoursup. S’y ajoutent plus d’enseignants, des remplacements, des classes moins chargées et la rénovation des bâtiments vétustes.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une série de concessions, dont le remplacement de Parcoursup. Les organisations jugent ces annonces insuffisantes. C’est ce désaccord qui explique la reprise des blocages dès la rentrée, au lieu d’une pause après les vacances.
Des lycéens mobilisés devant leur établissement, six semaines après le début du mouvement.
Mon lycée est-il bloqué ? Que faire si les grilles sont fermées ?
Il n’existe pas de liste nationale unique des lycées bloqués. Tout se décide localement, établissement par établissement, parfois le matin même. Le réflexe le plus sûr reste de vérifier les messages de l’établissement avant le départ, puis de passer devant le lycée si aucun message n’est arrivé.
Si votre enfant veut suivre ses cours mais ne peut pas entrer, ne le laissez pas repartir sans prévenir l’établissement. Un appel à la vie scolaire, suivi d’un mail qui précise l’heure et l’obstacle rencontré, évite bien des discussions ensuite. Si des cours à distance ont été mis en place, ils sont annoncés par les mêmes canaux : ENT, Pronote ou mail du proviseur.
Mardi 3, jeudi 5 novembre : la semaine qui s’annonce
Mardi 3 novembre, l’USL et l’Union étudiante appellent à bloquer lycées et universités, et l’Unef parle d’une « journée noire » dans les universités. Le collectif Interfac Île-de-France a prévu une manifestation étudiante à Paris, entre le Panthéon et le siège du Medef.
Jeudi 5 novembre, les blocages doivent se poursuivre, le même jour que la grève interprofessionnelle et les manifestations pour le pouvoir d’achat.
Mardi matin, devant chaque lycée, la réponse se lira d’abord aux grilles.
