Ce soir à minuit, la première échéance tombe : des millions de propriétaires doivent avoir réglé leur taxe foncière 2026, sous peine d’une majoration de 10 %. Et ce matin, sur BFMTV, Thomas Piketty a qualifié cet impôt d’« extrêmement injuste », avec une proposition choc : le baisser pour 90 % des Français.
Ce jeudi 15 octobre à minuit, la taxe foncière 2026 atteint sa date limite pour les paiements par chèque, virement ou espèces ; les paiements en ligne ont jusqu’au lundi 20 octobre, minuit. Passé ces échéances, le fisc applique 10 % de majoration automatique. Et ce jeudi matin sur BFMTV, Thomas Piketty a qualifié cet impôt d’« extrêmement injuste », proposant de le remplacer par un impôt progressif sur le patrimoine net : une baisse pour 90 % des Français.
Taxe foncière 2026 : date limite ce soir à minuit, qui doit payer ?
La règle est simple, et elle ne fait pas de cadeau aux retardataires. Si vous étiez propriétaire ou usufruitier d’un bien au 1er janvier 2026 (même si le logement est loué à un locataire), la taxe foncière vous concerne.
Ce soir à minuit, dernière limite pour le chèque, le titre interbancaire de paiement, le virement ou les espèces chez un buraliste agréé, mais seulement pour les avis de 300 euros ou moins. Au-delà, le paiement dématérialisé est obligatoire, avec une échéance au 20 octobre à minuit sur impots.gouv.fr, prélèvement à partir du 26 octobre.
Concrètement, ce soir :
- Vérifiez votre avis : montant, et mode de paiement autorisé.
- Avis de 300 euros ou moins : chèque, virement ou espèces chez un buraliste agréé avant minuit.
- Avis de plus de 300 euros : paiement en ligne avant le 20 octobre à minuit.
Les mensualisés n’ont rien à faire : leurs prélèvements continuent.
Un avis de taxe foncière : selon le mode de paiement, la date limite est le 15 octobre à minuit ou le 20 octobre à minuit en ligne.
Que se passe-t-il si vous payez en retard ?
Passée la date limite, le fisc applique automatiquement une majoration de 10 % du montant de l’impôt, même pour quelques jours de retard et même de bonne foi. Pas de rappel, pas de délai de grâce : c’est l’article 1730 du code général des impôts.
En difficulté ? Demandez un délai de paiement ou une remise gracieuse depuis impots.gouv.fr ou votre centre des finances publiques, de préférence avant l’échéance, justificatifs à l’appui. Pour l’an prochain, la mensualisation étale la dépense sur toute l’année.
Que propose Thomas Piketty pour la taxe foncière ?
Invité de BFMTV ce jeudi matin, l’économiste n’a pas mâché ses mots : la taxe foncière est « un impôt extrêmement injuste », que « les gouvernements ont laissé tranquillement augmenter ».
Son exemple : vous achetez un logement à 300 000 euros avec un emprunt de 290 000 euros. Patrimoine net : 10 000 euros. « Souvent, vous ne possédez rien, vous remboursez un emprunt », a-t-il résumé. Et pourtant, vous payez la même taxe foncière que le voisin qui aligne 3 millions d’euros de portefeuille financier, sans emprunt.
Pourquoi un impôt aussi tordu ? Parce qu’il date de la Révolution française, a expliqué Piketty : à l’époque, il n’existait ni patrimoine financier ni endettement de masse. On a donc taxé des biens, pas des personnes. Le système n’a jamais été repensé depuis.
Thomas Piketty, ce jeudi 15 octobre sur BFMTV : il propose de remplacer la taxe foncière par un impôt progressif sur le patrimoine net d’emprunt.
« Souvent, vous ne possédez rien, vous remboursez un emprunt. Et vous payez la même taxe foncière que quelqu’un qui détient 3 millions d’euros à côté. » — Thomas Piketty, sur BFMTV, ce jeudi 15 octobre
Sa proposition : remplacer la taxe foncière par « un impôt progressif sur le patrimoine net d’emprunt ». Le patrimoine étant très concentré, cela « voudrait dire des baisses de taxe foncière pour 90 % des Français » ; les recettes reposeraient sur les 10 % les plus riches, surtout les 1 % et les 0,1 % les plus fortunés.
Que propose-t-il pour les patrimoines au-delà de 100 millions d’euros ?
L’économiste est allé plus loin avec un « impôt de solidarité nationale », inspiré de celui créé en 1945 pour reconstruire l’économie d’après-guerre. Il comprendrait une contribution exceptionnelle de 50 % sur l’enrichissement des patrimoines de plus de 100 millions d’euros entre 2017 et 2026, puis une taxe permanente de 10 % par an au-delà de 100 millions. Les entrepreneurs dont la fortune est « virtuelle », adossée à la valeur de leur entreprise, paieraient en versant des actions dans un fonds souverain.
Pique politique au passage : alors que le gouvernement et la droite écartent la taxe Zucman de 2 % sur les hauts patrimoines, Piketty s’est étonné que « tout le monde trouve normale la taxe foncière », mais « panique » dès qu’il s’agit de taxer les plus riches.
Ce jeudi soir, la réalité est plus prosaïque : à minuit, le délai tombe, et la majoration de 10 % ne distinguera pas les patrimoines. La réforme de Piketty, elle, n’existe pour l’instant que dans un studio de télévision.
