Ce dimanche 25 octobre à 14 heures, une marche silencieuse doit rendre hommage dans les Yvelines à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué vendredi à Trappes. Samedi, l’enquête antiterroriste a avancé d’un cran : la garde à vue du suspect de 39 ans a été prolongée, quatre de ses proches ont été interrogés, et les perquisitions ont mis au jour un exemplaire de Mein Kampf à son domicile de Plaisir. Voici ce qui est établi, ce qui reste à prouver, et ce que cette journée change pour les habitants.

La marche blanche Trappes 25 octobre donne à cette journée son heure exacte : 14 heures, ce dimanche, dans les Yvelines. TF1 annonce une marche silencieuse en mémoire des victimes de l’attaque de vendredi, et d’abord en mémoire de Pengo Bossio Wangi. Le jeune homme de 26 ans, combattant amateur de MMA au club Atch Academy d’Aubervilliers, est mort vendredi 23 octobre à Trappes, au square Pergaud, sous les tirs partis d’une voiture.

Samedi, des centaines de personnes s’étaient recueillies à l’endroit où il a été tué, selon l’AFP, et une minute de silence a été observée.

Marche blanche Trappes 25 octobre : à 14 heures, pour qui, et où en est le bilan ?

Le bilan actualisé samedi fait état d’un mort et de cinq blessés. Quatre des blessés sont hospitalisés, et trois d’entre eux restaient dans un état critique samedi, selon TF1. Parmi eux figure la fillette de 12 ans touchée à La Verrière, dont l’état restait critique samedi, selon les informations relayées par Le Monde et l’AFP.

Pour les habitants des deux communes, la marche intervient deux jours après les faits, au moment où les familles attendent les premières décisions de justice. Les organisateurs appellent au silence, pas aux slogans. Arrivez avant 14 heures : les marches silencieuses partent à l’heure.

Des bougies déposées en hommage aux victimes (photo d’illustration) Des bougies déposées en hommage aux victimes (photo d’illustration).

Trappes : garde à vue prolongée, 4 proches interrogés, que dit le parquet ?

Samedi, le parquet national antiterroriste (PNAT) a prolongé de 24 heures la garde à vue du suspect, un homme de 39 ans domicilié à Plaisir, selon Le Monde. La prolongation est intervenue après un premier interrogatoire consacré à son identité et à son parcours. Quatre personnes de son entourage, dont sa mère, ont aussi été interrogées samedi, selon le PNAT cité par l’AFP.

Le suspect, identifié par les médias comme Kevin T., reste présumé innocent. Il n’avait pas été mis en examen samedi soir. La qualification retenue pour ouvrir l’enquête reste celle d’assassinat et de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante d’un mobile raciste. Cette qualification ouvre l’enquête, elle ne préjuge pas du jugement.

« Son sourire, son énergie et sa générosité resteront gravés dans nos murs et dans nos cœurs. » Atch Academy, club de Pengo Bossio Wangi.

Mein Kampf retrouvé à Plaisir : ce que la perquisition a vraiment établi

C’est la découverte qui a le plus circulé samedi. Lors de la perquisition au domicile du suspect à Plaisir, les enquêteurs ont trouvé un exemplaire de Mein Kampf, le livre d’Adolf Hitler, selon Le Monde. Une source proche de l’enquête citée par l’AFP confirme la découverte, et précise qu’une Bible et un Coran ont aussi été retrouvés dans l’appartement.

Les enquêteurs examinent ses appareils numériques pour vérifier un éventuel lien avec des groupuscules d’extrême droite. Samedi, aucun lien n’était confirmé, et des sources proches de l’enquête le décrivent comme un individu isolé.

« Venger les commerçants » : les premières déclarations, à prendre avec prudence

Selon Le Monde, le suspect aurait déclaré aux enquêteurs vouloir « venger les commerçants » pillés lors des violences du 17 octobre, en visant des personnes en fonction de leur couleur de peau. Emmanuel Macron avait déclaré dès vendredi soir que le suspect avait « épargné des personnes en raison de leur couleur de peau » et qualifié les faits d’« attentat terroriste raciste ».

Une rue en Île-de-France (photo d’illustration) Une rue en Île-de-France (photo d’illustration).

Ce que ça change pour vous, habitants des Yvelines et témoins

  • Si vous étiez témoin vendredi, vos observations comptent encore. Les enquêteurs cherchent à reconstituer le parcours exact entre Trappes et La Verrière, lieu par lieu, et un détail d’horaire ou de véhicule peut faire avancer le dossier.
  • Ne relayez pas les noms, photos et rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Le suspect est présumé innocent, les proches interrogés ne sont pas des suspects de l’attaque, et une fausse information peut entraver l’enquête comme blesser une famille.
  • Vendredi, la préfecture des Yvelines avait ouvert dès 14 heures deux postes d’urgence médico-psychologique, aux mairies de Trappes et de La Verrière, pour les personnes directement impliquées et les témoins. Si le choc persiste, les mairies restent le premier point d’orientation vers une aide psychologique.
  • Aucune consigne de confinement n’a été annoncée pour ce dimanche. La marche de 14 heures est un hommage, pas une manifestation.

Et maintenant : la prochaine étape judiciaire

Aucune décision sur la suite, présentation à un juge d’instruction ou mise en examen, n’avait été annoncée samedi soir.