Troisième jour de sa visite en France, ce dimanche 27 septembre : le pape Léon XIV a célébré la messe sur la prairie du sanctuaire de Lourdes devant quelque 150 000 fidèles, après avoir exhorté les évêques de France à « poursuivre » leur lutte contre la pédocriminalité dans l’Église, un « douloureux fléau » qu’il a abordé sans détour.

Dimanche matin, sur la prairie du sanctuaire de Lourdes, la papamobile a traversé une marée de fidèles brandissant des drapeaux du Vatican. Des cris, des applaudissements nourris, et des centaines de bébés bénis au passage : Léon XIV a eu droit à un nouveau bain de foule, comme la veille le long des Champs-Élysées à Paris. Devant lui, quelque 150 000 personnes s’étaient pressées pour assister à la messe dominicale, un chiffre qui rappelle que seuls Jean-Paul II, en 1983 et 2004, puis Benoît XVI, en 2008, avaient connu pareil accueil au pied des Pyrénées. Face à l’affluence, le sanctuaire avait d’ailleurs clos les inscriptions avant même la visite : capacité maximale atteinte.

L’esplanade du sanctuaire de Lourdes L’esplanade du sanctuaire, où quelque 150 000 fidèles s’étaient pressés ce dimanche matin.

Un appel solennel aux évêques de France

Avant la messe, le pape a commencé sa journée par un geste symbolique. Il s’est recueilli devant la photographie de « l’Enfant qui pleure », une image installée depuis 2021 dans l’hémicycle de la Conférence des évêques de France, en mémoire des victimes de violences sexuelles dans l’Église. Puis, à huis clos face aux évêques français, il les a appelés à « poursuivre » leur action engagée contre le « douloureux fléau » de la pédocriminalité, « en maintenant la plus grande vigilance ».

Dans son homélie, prononcée sans jamais nommer directement le dossier, il a invité l’Église à se tenir « humblement sous le regard purificateur du Seigneur » pour « guérir des blessures profondes, des infidélités et des égarements douloureux » commis en son sein. Des mots graves, très attendus par les associations de victimes.

« Pour guérir des blessures profondes, des infidélités et des égarements douloureux commis au sein de l’Église, nous devons nous tenir humblement sous le regard purificateur du Seigneur. »

Une rencontre à huis clos avec des victimes

Le programme de la journée était dense. Après la messe de 11 heures, le pape devait rencontrer l’après-midi des fidèles malades et des hospitaliers, puis des religieuses contemplatives, avant un rendez-vous tenu confidentiel avec des victimes de violences sexuelles dans l’Église. Sept personnes doivent être reçues en privé, selon le programme annoncé. Un format individuel vivement critiqué par l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation, qui plaide pour une démarche collective.

La journée s’achèvera à 21 heures par la prière du Saint-Rosaire et la traditionnelle procession mariale aux flambeaux sur l’esplanade du sanctuaire, présidées par le Saint-Père.

La procession mariale aux flambeaux à Lourdes La procession mariale aux flambeaux, rituel du sanctuaire, clôturera cette journée de visite.

Paris, samedi : une messe monumentale place de la Concorde

L’étape parisienne, la veille, avait déjà marqué les esprits. Arrivé vendredi 25 septembre pour une visite de quatre jours en France, Léon XIV avait commencé par une veillée avec des jeunes au Stade de France, avant de descendre les Champs-Élysées samedi et de célébrer la messe place de la Concorde.

La foule était immense : 800 000 personnes selon les décomptes relayés par la presse, plus d’un million selon l’agence AFP, avec de nombreuses personnalités politiques présentes. La communion a été distribuée à 3 000 points répartis sous des tentes eucharistiques, après la consécration de près de 500 000 hosties. « La France est fière d’accueillir le pape Léon XIV et cette messe monumentale au cœur de Paris », a salué Emmanuel Macron sur X.

Le pape a quitté Paris à 17h45 pour rejoindre Lourdes, où son avion a atterri à 19h05, avant un temps de recueillement à la grotte des apparitions de Massabielle.

Ce qu’il faudra surveiller

La visite de Léon XIV n’est pas seulement un triomphe populaire : elle est scrutée comme un test. Les associations de victimes attendent des actes concrets après les mots prononcés à Lourdes, et le format de la rencontre privée de ce dimanche fera l’objet de réactions. Côté évêques français, le discours sur la « vigilance » devra se traduire en mesures visibles dans les mois qui viennent.